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Il m’est difficile de voir Good Deeds comme autre chose qu’un rendez-vous manqué. Sous couvert de bonnes intentions, Tyler Perry livre en 2012 un film bancal, souvent maladroit dans son exécution, et profondément limité dans son impact émotionnel. Ma note de 4/10 traduit non seulement ma déception, mais aussi ma conviction que ce film n’exploite ni son sujet, ni son potentiel.
Dès le premier quart d’heure, Good Deeds expose sa mécanique narrative avec une transparence désarmante : Wesley Deeds, businessman modèle mais emprisonné dans une vie de conventions, rencontre une jeune mère en difficulté qui va bouleverser son existence. Hélas, aucune surprise ne vient jamais perturber cette trajectoire cousue de fil blanc. Chaque tournant, chaque dilemme est si prévisible qu’on assiste au récit sans émotion, comme à une leçon déjà rabâchée.
Plutôt que de construire des figures humaines complexes, Perry se contente d'opposer des caricatures : le riche aliéné par son confort, la pauvre dotée d'une pureté morale rédemptrice. Ce manichéisme éreinte rapidement l'intérêt du spectateur. Aucun personnage ne semble véritablement habité ou en évolution : ils illustrent des thèses plutôt qu’ils ne vivent. De ce fait, l’identification devient impossible, et l’émotion attendue, totalement absente.
Si l'on ne peut reprocher à Good Deeds d'être techniquement incompétent, on ne peut pas non plus lui reconnaître la moindre audace formelle. Tout est plat, fonctionnel, dénué de souffle. Là où la caméra pourrait explorer les non-dits ou appuyer les dilemmes intérieurs, elle se contente d'un illustration paresseuse, laissant le film s'enfoncer dans l’anonymat visuel.
La plus grande faiblesse de Good Deeds reste cependant son incapacité à traiter ses thèmes avec nuance. Les problématiques sociales qu’il effleure — l'injustice économique, le carcan des attentes sociales — sont réduites à de simples slogans. Au lieu de proposer une vraie réflexion, Perry assène des messages à coup de dialogues démonstratifs, prenant le spectateur par la main comme s’il était incapable de penser par lui-même.
Ce qui rend le film d'autant plus frustrant, c’est de percevoir, sous cette exécution maladroite, un sujet qui aurait pu donner lieu à une œuvre touchante et pertinente. Mais Good Deeds choisit la voie la plus facile : brosser son public dans le sens du poil, éviter tout questionnement complexe, et offrir une fin convenue qui annule toute remise en cause.
À mes yeux, Good Deeds échoue à presque tous les niveaux : comme drame émotionnel, comme réflexion sociale, et même comme simple divertissement. Si l’on peut saluer l’honnêteté de l'intention, elle ne suffit pas à masquer la pauvreté d’un scénario insipide, l’indigence d’une mise en scène plate et l’inexistence de véritables personnages. À moins de rechercher un film purement illustratif et dénué d'aspérités, je ne peux honnêtement recommander cette œuvre.
Créée
le 28 avr. 2025
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