Ouais… Bah moi quand je vois ce genre de film là, il n’y a qu’un seul mot qui me vient à l’esprit c’est : « exercice de style » (…bon d’accord ça en fait trois, mais ne chipotons pas voulez-vous !). Alors ce n’est pas que l’exercice de style me dérange en soi, mais par contre je dois bien avouer que je me retrouve souvent sur la touche quand un film décide de ne se limiter quasiment qu’à ça. Et le problème, c’est qu’à mon sens, c’est ici totalement le cas de ce « Good Time ». Un seul aspect de ce film suffit d’ailleurs à questionner toute la pertinence de sa démarche : sa réalisation. En gros, l’idée posée par les frères Safdie c’est de faire un film un peu poisseux avec des cadrages très serrés, une caméra au poing qui opère parfois des mouvements nerveux, et aussi une photographie assez saturée qui tire assez facilement vers le rose ou le bleu… Alors OK, ça pose un style, surtout quand on ajoute à ça des gros survêts aux couleurs qui pètent, une typo très années 80 bien rétro, et quelques notes de synthés par si par là histoire de poser l’ambiance… Mais bon… Le problème c’est que c’est juste insoutenable à regarder ce truc ! On peut faire des cadrages super-serrés, mais dans ce cas là il faut éviter de faire des mouvements dans tous les sens les petits gars ! Sinon c’est incroyablement laid ! Mais la vache ! Le nombre de fois où on se retrouve avec des plans qui ne cadrent plus rien où qui affichent une mise au poing totalement à l’ouest juste à cause de ça ! Roh mais c’est moche ! Et franchement, il y a des moments où ça me refilait presque mal au crâne ! Donc le style, OK, mais prenons au moins le temps de jauger l’impact que ça a en termes d’expérience pour le spectateur ! Va essayer de saisir la subtilité des jeux d’acteurs, la profondeur de l’univers et la pertinence de l’intrigue si ce qui s’affiche à l’écran invite à regarder ailleurs ! Alors après, certes, ça peut tenir pour ce « Good Time » parce qu’il ne faut pas longtemps pour comprendre qu’en fin de compte il n’y aura pas vraiment de jeux d’acteurs à apprécier, d’univers à explorer ou bien encore d’intrigue à parcourir… Bah oui, l’exercice de style semble ici se suffire à lui-même. Rien à dire ni à montrer, si ce n’est cette esthétique poisseuse à quoi semble se réduire toute la finalité de cette œuvre. Les deux héros ne sont que des déclinaisons illustratives de cette poisse. Ils sont deux. Ils puent la misère. Ils passeront tout le film à purger leur galère et « that’s it », ça s’arrête là. A aucun moment ils ne se singularisent. Ils restent ad vitam aeternam réduits à leur fonction de personnage poissard qui essayent de s’en sortir. Idem pour l’univers dans lequel ils évoluent. Avec ces cadrages serrés et cette image granuleuse on ne voit rien des lieux, il est impossible de se localiser ou de différencier les endroits présentés. A chaque fois, c’est la même mélasse informe et indistincte. Enfin, pour ce qui est de l’intrigue – même combat donc ! – le fil de la lose est déroulé du début jusqu’à la fin sans véritable dynamique. C’est la même situation étirée à l’infini… Alors le pire, c’est qu’il suffirait qu’un seul de ces éléments là soit dans une démarche de dynamique et d’exploration pour que ça puisse porter tout le reste. Mais là, rien. Tout est au service de cette ambiance poisseuse qui, certes, peut se justifier, mais à condition que le film ne se limite pas qu’à une simple ambiance ! Le cinéma ça ne peut pas se réduire à ça ! Ça ne peut pas se réduire qu’à un simple postulat qu’on refuse de marier à d’autres artifices pourtant indispensables ! Pour le coup, ç’en devient presque une signature pour Robert Pattinson qui commence à les collectionner ces films là ! Non pas des films paresseux, mais des films de puristes qui veulent tellement insister sur un aspect de leur création qu’ils en viennent à nous servir des monochromes ! Moi je vous dis : le prochain film qui affiche l’ami Pattinson au casting, il y a de fortes chances que je le boude désormais !

Créée

le 17 sept. 2017

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