Alors réalisateur de documentaires pour la télévision, notamment The People vs. Paul Crump (qui a une grande réputation), William Friedkin était courtisé par les majors hollywoodiennes afin qu'il vienne prouver son talent sur grand écran. Mais comme c'est souvent le cas, il faut faire ses preuves, et Friedkin fut embarqué pour son premier film à une ode pour le duo Sonny & Cher, alors très en vogue dans les années 1960.
Produit par Sonny lui-même, Good times est une comédie musicale où le scénario tient sur un timbre-poste ; les chanteurs Sonny & Cher se voient proposer de tourner un film, et ils doivent choisir.
C'est clairement un produit à leur gloire, plus d'ailleurs pour Sonny qui est omniprésent que pour la pauvre Cher qui est davantage au second plan. Il faut dire que le charisme du premier est discutable, dirons-nous ; sa coupe au bol le fait ressembler à un Playmobil®, et on voit qu'il a se servir un peu trop de purée à la cantine, si j'en juge par la partie préhistorique. Car le film est découpé en plusieurs périodes, qui correspondent à autant de genres ; la piraterie, le western, la préhistoire et les gangsters, avec à chaque fois le duo, ainsi que George Sanders qui joue plusieurs rôles, celui du patron de studio, et puis à chaque fois le méchant des petits sketchs.
Tout cela en fait quelque chose de sympathique, où les tubes du duo sont très nombreux, on entend I got you babe seulement à la fin du film, mais il ne faut pas chercher le moindre style à la Friedkin ; il est clairement au service du couple de chanteurs, mais il faut se rappeler que Good times n'est avant tout qu'un produit marketing, sans grand enjeu cinématographique, et qui sera conclu par un bide cinglant lors de sa sortie en 1967. D'ailleurs, dans ses mémoires, Friedkin en parle à peine, preuve qu'il faut bien un début quelque part...