Goodbye Adèle
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Goodbye Adèle

Court-métrage de Elsa Hibbs (2017)

C'est assez faible.


Le gros problème, c'est qu'il ne se passe rien. On s'ennuie face à ce vide narratif. Il y a pourtant des idées mais elles sont pauvrement exploitées. Par exemple le fait que tout le monde soit contrôlé par une puce, on ne le ressent jamais. Il y avait pourtant la scène d'engueulade qui aurait pu être intéressante si on avait pu voir, par exemple, le patron engueuler son employé uniquement parce que sa puce le lui ordonnait. Là on aurait pu comprendre à quel point le monde part à la dérive. En l'état, les ordres sont faibles. On se demande même à quoi sert cette voix au niveau du boulot puisqu'elle ne donne aucune consigne précise, elle se contente de dire combien de temps va prendre le boulot. On suppose qu'elle aide le héros comme elle le dit, mais on ne le voit pas, et pour y croire, le spectateur a besoin de voir, ou au moins de le sentir et non pas de juste avoir nu texte qui dit que...


Autre problème, l'élément déclencheur (le bug) arrive tardivement ; on se fait donc chier pendant longtemps au début du film et puis on arrive trop vite à la fin. parce que l'auteur ne prend pas la peine d'exploiter ce bug. Déjà il aurait pu l'annoncer, marquer d'autres moments où la puce communique mal. Ensuite il aurait fallu aller plus loin que la facile remise en question intérieure durant laquelle le héros prend la décision de tout plaquer sans même avertir le spectateur. C'est trop facile de finir le film comme ça. Et puis en plus, c'est idiot ! Ce n'est pas parce qu'il décide de ne plus l'écouter qu'elle va se taire. Ce pourrait même être un film en soi, suivre le héros poursuivi par cette voix.


En plus ça décrédibilise l'univers. Un monde dans lequel les gens ne font plus qu'obéir à une puce, c'est certainement un monde bien plus contrôlé que ça (on imagine la localisation par GPS). Mais là on dirait que l'auteur s'en fout complètement. Tout cela ne tient donc pas la route parce qu'on dirait que l'auteur n'a pas cherché plus loin que la puce et de la manière dont c'est raconté, ça n'est pas crédible, on en attend plus. Les interactions avec la puce sont d'ailleurs bien trop faibles pour qu'on se fasse une idée de toutes les possibilités.


Elle est trop humaine aussi. Par le dialogue mais aussi par l'intonation. Du coup, on a l'impression que c'est une autre personne qui surveille non stop le héros. Peut-être est-ce le cas ? Alors c'est encore plus idiot. Et ce serait de toutes façons mal exploité. Mais vu qu'il s'agissait d'un bug et qu'on peut remplacer la voix facilement, cela signifie qu'il s'agit d'un ordinateur. Mais les répliques sont mal exploitées en ce sens.


La mise en scène ne tient pas. Une telle voix portant un tel discours, cela laisse supposer une société complètement différente. Reprendre notre monde tel quel, ce n'est pas possible, un tel changement sociologique ne peut fonctionner qu'avec un changement culturel. Tout doit être différent. Pas complètement différent, il ne faut pas nécessairement tomber dans un univers à la Blade Runner ou à la THX, mais il manque cruellement de modification, on sent trop que c'est tourné dans notre monde sans que le réalisateur n'ait cherché à faire quoi que ce soit pour nous convaincre. D'ailleurs ça se ressent dès le plan du déjeuner, avec l'appart qui a l'air d'être celui d'un pote.


Je dis toujours que les figurants reflètent bien la qualité du film. Dans un tel film, il aurait été utile d'avoir plein de figurants capables de jouer des gens qui obéissent, qui sont en permanence occupé. Ce que l'on voit ici, c'est un monde vide. On voit un type à un moment qui chipote à son téléphone. À mon avis, c'était même pas un figurant, juste un type qui se trouvait être là par hasard et le réalisateur n'a pas songé à le virer du cadre.


Les plans sont longs. C'est souvent le cas des jeunes auteurs, j'imagine qu'ils pensent faire un truc plus profond ou bien installer une atmosphère pesante en agissant de la sorte. Ici, c'est juste un peu lourd. Déjà qu'il ne se passe pas grand chose et que les décors sont pauvres, si en plus il faut se taper pareilles longueurs. La photographie est correcte, on voit ce qu'il faut voir, sans plus. De temps en temps des cadrages intéressants. Mais le montage foire. Avec quelques plans noirs malvenus.


La séquence de rêve est assez pauvre aussi, on ne ressent pas assez la beauté de la nature. À nouveau le réal se montre paresseux, il aurait pu filmer des animaux ou bien des arbres avec une belle lumière, à la Malick ; c'est encore un problème de forme qui décrédibilise le fond.


L'acteur principal est correcte. Peut-être qu'il manque du rythme. Je pense notamment au moment dans la douche où il reconnaît une chanson qui lui plaît : on sent dans son regard que c'est le bon morceau, mais ça arrive trop vite (problème de mixage?). La voix ne fait pas assez 'ordinateur'. Le patron est un peu ridicule. En plus il est de dos, donc ça rend la prestation plus délicate car il fallait vraiment une voix remarquable afin qu'on puisse se passer de la tête.


Bref, j'ai trouvé le tout assez paresseux, assez timide. Si bien qu'on n'y croit pas du tout à ce monde futuriste. En soi, que ce soit du déjà vu ne me dérange pas, c'est juste que ça manque d'idées. Dommage.

Fatpooper
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le 3 oct. 2017

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