Alors que June, la mère de famille, est condamnée par la maladie, au point que ses jours sont comptés, son mari et ses quatre enfants sont à son chevet à son lit d’hôpital pour gérer son départ, mais aussi régler leurs linges sales.
Pour son premier film en tant que réalisatrice, Kate Winslet n'a pas choisi la facilité. Celle de montrer la fin de vie d'une personne gravement malade, incarnée de façon bouleversante par Helen Mirren, et la façon pour chacun de préparer sa fin de vie. Elle ne choisit pas d'éluder les difficultés, ce corps qui semble dépérir sous nos yeux, au point que si on a déjà vu un film comme Pour lui, on peut y trouver quelque chose à la limite de l'obscène, voire du douloureux pour ceux et celles qui ont déjà vu leurs proches confrontés à cette saloperie. Mais je trouve qu'elle ne franchit pas la limite, car elle parle aussi de cette famille dysfonctionnelle : aussi bien Kate Winslet qui doit gérer ses enfants alors que son mari travaille à l'autre bout du monde, Johnny Flynn en angoissé de la vie, Andrea Riseborough ou encore Toni Collette en coach de vie à la baba cool, et sans oublier le très bon Timothy Spall en père de famille grincheux lui aussi diminué par les problèmes d'âge, mais qui chante encore pour l'amour qu'il a envers sa femme mourante. J'ai également noté la présence de Fisayo Akinade, qui joue l'aide-soignant de manière très juste.
Alors oui, Kate Winslet ne fait pas montre d'audaces en tant que réalisatrice, mais pour une histoire qui a dû la toucher (elle-même a trois enfants, comme son personnage), je trouve qu'elle a su contenir son sujet dans une sorte de dignité où les dernières minutes, situées un an plus tard, peuvent faire céder les digues de l'émotion. Le film n'est pas facile, je le conçois, mais la réalisatrice a su réussir un sujet ô combien risqué, la fin de vie, mais on en ressort presque exsangue, comme un appel à vivre.