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Après avoir vu "Bonjour" réalisé en 1959 par Ozu, me voici avec "Gosses de Tokyo", un film muet (sans musique) qu'Ozu a sorti en 1932 et dont je comprends mieux la présence dans ce coffret de films d'Ozu de 1958 à 1962.
En effet, il y a quelques points communs entre "Gosses de Tokyo" et "Bonjour". Les deux films mettent en scène des enfants dans leurs relations avec le monde des adultes qui est celui des parents. Ce qui m'avait étonné dans "Bonjour" et m'étonne encore ici, c'est la position extrême qu'adoptent les enfants pour tenter d'infléchir le monde des adultes (les parents), peu conforme à l'idée que je me fais de la mentalité japonaise que je vois, en apparence au moins, beaucoup plus soumise que celle qu'on pourrait observer dans une société plus "libre" occidentale. Mais bon, pourquoi pas !
"Gosses de Tokyo" souligne un vrai sujet – universel – qui est, pour un enfant, sa place relative dans la société. Et cette place se définit à l'école en comparant la situation de ses parents (ses référents) à celle des autres. Et là, constatant que leur père est moins socialement important que celui d'un copain, les deux enfants en sont à remettre en cause le modèle de la société, de toute société humaine. A quoi bon travailler à l'école, si au final, on doit toujours s'humilier devant le chef, devant le patron. Ce qui est intéressant dans la démarche d'Ozu, c'est qu'il décortique par le menu cette relation père-fils qui part du constat que la société est, par essence, inégalitaire mais qu'il faut bien finir par faire avec.
Dans "Gosses de Tokyo", si le père a du mal à trouver les bons arguments, soulignons le rôle attendrissant et bienveillant de la mère apte à apporter de l'huile dans les rouages de la famille en crise. Et ça, c'est bien un trait qu'on retrouve bien dans les derniers films d'Ozu.
Pour finir, deux points d'étonnement (amusé) !
1 – on voit passer sans cesse, en arrière-plan, des trains électrifiés avec des caténaires. On est en 1932 et je trouvais le Japon très en avance … Après quelques menues recherches, je vois qu'en France, aussi, l'électrification des voies des trains de banlieue (comme dans le film) a commencé dès les années 1920. Par contre, c'est l'électrification des grandes lignes qui a été plus tardive en France.
2 – J'avais pris l'habitude chez Ozu des plans irrémédiablement fixes. Or, ici, je le surprends en flagrant délit d'un magnifique travelling d'employés de bureau en train de bayer aux corneilles …
Créée
le 23 juil. 2025
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