Gourou
5.6
Gourou

Film de Yann Gozlan (2026)

"Ce que tu veux, c'est ce que tu es."


Marquant la 3e collaboration entre Yann Gozlan et Pierre Niney (après «Un homme idéal» et «Boîte Noire»), ce «Gourou» veut nous plonger dans le monde des "coachs en développement personnel", ces prédicateurs des temps modernes qui ont fait de leur "positivité toxique" un véritable business.


Plutôt que de dresser un portrait plus global de ces sectes modernes, de leurs dérives et de leur confrontation avec l'état français (relégué assez rapidement au second plan), le film préfère se concentrer sur le coach le plus médiatisé de France, et comment sa paranoïa grandissante va voir ses propres méthodes se retourner contre lui.


Un coach interprété de manière investie (en particulier lors de ses shows à l'américaine) par le charismatique Pierre Niney, qui a sans doute dû s'inspirer d'un certain Tom Cruise dans «Magnolia» pour son rôle.


Le souci, c'est qu'autour de lui, plusieurs aspects importants du film viennent fragiliser l'ensemble. Qu'il s'agisse de l'épaisseur de certains personnages (comme celui interprété par Marion Barbeau, qui ne semble là que pour demander à Niney comment il va. Et ce n'est pas mieux concernant le frère, énervé ou en pleurs) comme d'une partie des dialogues qui sonnent trop écrits, trop artificiels.


Le choix de recentrer le récit sur l'égocentrique et manipulateur Mathieu Vasseur (qui va jusqu'à se créer son propre traumatisme pour gagner en vues et en adeptes) et comment le sol va progressivement mais fatalement se dérober sous ses pieds n'était pas inintéressante.


Le souci, c'est que j'avais l'impression de me trouver devant un film qui se donnait une posture et semblait se rapprocher d'une sorte d'imposture. Ce qui pourrait justement rejoindre le sujet même du film.

Mais Gozlan veut tellement appuyer ses effets dans l'écriture et la réalisation (même concernant le fan obsessif, une bonne idée pourtant) que le récit perd en immersion et en cohérence. Et plus le film avance, plus ce ressenti s'accentue, jusqu'à une dernière partie où la crédibilité semble être partie en vacances (l'arc narratif du chauffeur de Vasseur...), tout ça pour se conclure en queue de poisson.


À l'image des shows de Vasseur, l'emballage assez démonstratif en met plein les yeux, mais en grattant la surface, on se rend progressivement compte qu'il y a plus d'artifices qu'autre chose derrière. Un peu à l'image des derniers films de Gozlan en fait.


Dommage, le sujet, d'actualité, aurait vraiment mérité un traitement plus solide et crédible.

Raphoucinevore
5
Écrit par

Créée

le 3 févr. 2026

Critique lue 59 fois

Raphoucinevore

Écrit par

Critique lue 59 fois

6

D'autres avis sur Gourou

Gourou

Gourou

3

Le_Videoclub_

304 critiques

Niney, ni à faire

On est seulement en janvier, et je ne sais pas ce que j'ai vu de pire entre Trump qui veut envahir toute la planète, ou Pierre Niney qui donne la réplique à Hanouna.Première chose, je vois que la...

le 26 janv. 2026

Gourou

Gourou

7

Electron

848 critiques

Quand gourou rime avec courroux

L’affiche l’annonce : méfiez-vous de vos idoles ! Signé Yann Gozlan, Gourou illustre cet avertissement de manière implacable, sur un scénario de Jean-Baptiste Delafon qui maintient constamment...

le 26 janv. 2026

Gourou

Gourou

5

Behind_the_Mask

1467 critiques

Coach surfing

A bien y réfléchir, le cinéma de Yann Gozlan ne serait-il pas traversé par une seule grande thématique ?Car à chaque fois, de Burn Out au présent Gourou, en passant même par La Mécanique de l'Ombre...

le 28 janv. 2026

Du même critique

Il reste encore demain

Il reste encore demain

8

Raphoucinevore

390 critiques

La Difficile Vita

Premier film de l'actrice Paola Cortellesi (également personnage principal ici) et grand succès critique et public (récompensé par le Prix Spécial du Jury et le Prix du Public au Festival du Film de...

le 16 mars 2024

The French Dispatch

The French Dispatch

7

Raphoucinevore

390 critiques

Comme un gosse dans un TGV

Arthur Howitzer Jr., le rédacteur en chef du célèbre journal "The French Dispatch", décède subitement. Pour lui rendre hommage, un choix d'articles qui ont fait la gloire du journal sont réédités...

le 25 oct. 2021

Le 15h17 pour Paris

Le 15h17 pour Paris

2

Raphoucinevore

390 critiques

Un saut dans le vide...littéralement

Ça vous est déjà arrivé de vous retrouver devant un film et de vous questionner sans cesse sur ce que vous faisiez là, que vous vous étiez trompé de salle et que vous pourriez être ailleurs pour...

le 7 févr. 2018