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le 26 janv. 2026
SuivreNiney, ni à faire
On est seulement en janvier, et je ne sais pas ce que j'ai vu de pire entre Trump qui veut envahir toute la planète, ou Pierre Niney qui donne la réplique à Hanouna.Première chose, je vois que la...
J’ai adoré ce film et j’aimerais même dire que j’ai été happé lors de plusieurs scènes.
Dès les séquences d’ouverture, on sait à quelle sauce on va être mangé. C’est fluide, efficace, le jeu de Pierre Niney est étonnant, on y croit… sauf peut-être sur les dialogues, mais je pense qu’on y reviendra plus tard.
Gglobalement, j’ai terriblement apprécié l’expérience et je crois que s’il y avait une seule maxime à retenir de ce film, ce serait qu’on peut avoir le bon message tout en étant un mauvais messager, et que le film nous indique cela assez clairement.
Ceci dit, j’ai aussi été un petit peu bouleversé dans mon ego, dans le sens où ça faisait pas mal penser à ma situation personnelle et éventuellement au métier que j’exerce. Avec cette idée de motiver au maximum les gens pour se dépasser, pour réaliser leurs rêves. Clairement, je le fais avec les meilleures intentions du monde. J’utilise moi-même des phrases toutes faites et des exemples de nos ancêtres, de nos grands auteurs et bien d'autres appuies bien pratiques, mais plutôt que d’essayer d’améliorer la vie des gens, ce qui reste très généraliste et flou, je le fais plutôt dans le domaine de l’art, du dessin et de la 3D, et donc j’ancre tout cela dans des disciplines bien précises.
Et c’est là que le film peut manquer de précision, parce que les dialogues, et surtout ceux lors des scènes de coaching, sont terriblement clichés. On fait répéter au coach des phrases un peu ridicules de motivation qui n’existent pas vraiment, et j’avoue qu’à de multiples reprises j’ai eu besoin de me concentrer pour me remettre dans le film, au point de finir par trouver ça plutôt absurde.
J’aurais pu me fixer sur ce défaut, me dire que c’est assez manichéen et qu’on va nous faire passer les coachs pour des méchants, mais non, puisque l’intégralité des personnages nous semble grise. Les gens en détresse ne sont pas tous bons, les coachs non plus, le frère du héros ainsi que l’État français. J’ai l’impression que tout le monde est perçu comme un grand méchant.
Alors d’une part je trouve ça vraiment fascinant, mais d’un autre côté je trouve ça peut-être un peu simple, au point qu’on aurait aimé que le personnage principal soit bien plus exploré, qu’on comprenne réellement son passé. Là, il semble fabuler une histoire miséreuse, tout en laissant entendre que les rapports avec son frère sont tendus, mais on n’a absolument pas ces raisons-là. C’est dommage, parce que ça me paraît crucial pour comprendre ce qui se joue sous nos yeux.
D’ailleurs, ça finit plutôt en queue de poisson avec cette fin ouverte, ce qui est paradoxal puisque vingt minutes avant on découvre le vrai gros méchant de l’histoire, on apprend à connaître un peu plus un autre personnage central, on s’attend à ce que de nouveaux arcs narratifs s’ouvrent et se développent… et puis non, le film se termine sur l’idée de poursuivre ce qui est déjà entamé.
J’ai trouvé ça cruellement mauvais dans le sens où tu ne peux pas décemment vendre une histoire avec autant de trous à l’intérieur, nous laisser avec de nouveaux arcs narratifs et conclure sur une fin ouverte en nous disant que tout va continuer de plus belle… alors que justement on arrive à un point d’orgue, un moment où des rebondissements pourraient nous sauter à la gueule. Mais non, le film choisit de s’arrêter là, et c’est assez abrupt.
C’est vraiment dommage, parce que tout au long du film j’ai quand même beaucoup apprécié la proposition. Je crois sincèrement au jeu de Pierre Niney, et le réalisateur m’a réellement éberlué sur des scènes où on sent que la psyché de tel ou tel personnage va être renversée. Il ose des choses surprenantes qui ajoutent énormément à l’émotion de ce qui se déroule sous nos yeux.
Pour moi, le spectacle était totalement assuré et, étant quand même plutôt proche de ce genre de milieu, oui c’était caricatural, mais je pense que c’est très sain de montrer que beaucoup de gens se présentent comme de bons donneurs de leçons, sans qu’on se doute que derrière cela peut parfois faire plus de mal que de bien.
Il y a une vraie volonté de nous mettre dans la tête des personnages, avec une caméra souvent très proche des visages, un montage qui sait parfois se faire nerveux, parfois au contraire s’étirer pour laisser respirer une scène. La musique vient souvent appuyer les moments de bascule psychologique, parfois un peu lourdement, parfois avec une vraie justesse, et j’ai trouvé que le rythme général oscillait entre des passages très prenants et d’autres plus flottants, notamment dans le dernier tiers. On sent un film qui veut constamment nous maintenir dans un inconfort moral, quitte à parfois forcer un peu le trait, mais ça participe aussi à son identité.
Je ne pense pas que ce soit médiocre de le dire, et au contraire je trouve ça plutôt salutaire de partager un tel point de vue. Et à l’instar de l’idée qu’on peut avoir le bon message tout en étant un mauvais messager, oui, l’objet de ce film n’est pas parfait. Je viens de le souligner, il y a énormément de trous dans la raquette et ça aurait clairement nécessité un peu plus de polish, notamment sur les dialogues et l’intégralité du scénario. C'est donc amusant de pouvoir reprocher au film, ce qu'il semble dénoncer, ceci dit, la proposition m’a semblé assez honnête.
Elle propose même une réflexion sur le fait que ce serait fou que l’État ait besoin de réguler à peu près tout ce qui se passe, voire même le métier de coach.
Comme si les psychologues ne faisaient pas autant de mal que certains coachs, comme si les médecins ne se trompaient jamais, comme si tous ces gens qui ont été formés n’étaient finalement que des humains parfois médiocres et capables de faire du mal sans s’en rendre compte. Le parallèle aurait pu être développé plusieurs fois et de meilleure manière, mais c’est quand même intéressant de l’avoir suggéré au cœur de ce film.
En conclusion, moi j’ai été face à un spectacle tout à fait agréable, qui m’a offert de belles émotions et m’a aussi fait réfléchir sur ma condition. Certes, le scénario et les dialogues ne sont pas parfaits et frôlent parfois le ridicule ou la mauvaise compréhension du sujet traité, mais dans les grandes lignes je reste quand même plutôt séduit par la proposition.
En sortant de la séance, je me suis rendu compte que le film continuait de me travailler. Avec cette petite gêne persistante, cette question qui revient en boucle sur la légitimité de ceux qui prétendent aider les autres.
J’ai repensé à certaines scènes de coaching, à ce personnage principal dont on ne sait finalement jamais complètement s’il croit à ce qu’il raconte ou s’il s’est lui-même fabriqué un mythe pour tenir debout. Et plus j’y réfléchissais, plus je me disais que malgré ses maladresses, le film avait réussi quelque chose d’important pour moi, à savoir m’obliger à regarder ce sujet sous un angle que je n’avais pas forcément envie d’explorer et c'est peut être là qu'il m'a touché en plein coeur.
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