Gourou
5.5
Gourou

Film de Yann Gozlan (2026)

Gouroukoukou roukoukou stach stach !

Ayant gardé un très bon souvenir de Boîte Noire, j’abordais Gourou avec une attente réelle. Le réalisateur m’avait convaincu par le passé, et surtout, le sujet de ce nouveau film m’attirait particulièrement. Le cinéma français s’aventure encore trop peu sur la question des gourous, de l’emprise et des dérives sectaires : un thème fort, nécessaire, et terriblement actuel. D’autant plus que le titre, Gourou, annonce clairement une volonté de dénonciation. Un mot lourd de sens, presque un manifeste.


Et pourtant.


Sur le plan formel, le film est loin d’être raté. La réalisation est solide, et les acteurs — Pierre Niney en tête — sont justes, investis, crédibles. Le début du film est même prometteur : le sujet est abordé frontalement, avec une approche qui laisse espérer une véritable plongée dans les mécanismes de l’emprise et de la manipulation.


Mais très vite, Gourou se dérobe.


Là où l’on s’attend à une exploration profonde du phénomène, le film choisit progressivement de recentrer son récit sur les conflits intérieurs et les problèmes personnels de son protagoniste. Sur le principe, le choix est défendable : même face à un thème vaste, il est sain de rester ancré dans un point de vue, de raconter une histoire avant tout. À ce moment-là, je me dis : d’accord, le film change d’angle, c’est dommage, mais pourquoi pas.


Sauf que ce virage narratif mène à une impasse.


Le scénario met en place des situations, prépare ce qui ressemble à une véritable chute — presque une descente aux enfers annoncée —, accumule des éléments qui appellent un dénouement fort, un climax, un troisième acte. Et puis… pouf. Générique de fin. Brutal. Inachevé.

Rien de ce que le film amorce n’est réellement exploité. Ni la dénonciation du sujet, pourtant une mine d’or dramaturgique, ni le parcours du personnage principal, qui reste au final sans véritable aboutissement. Pas de climax. Pas d’acte III. Pas de résolution.


Le sentiment dominant en sortant de la salle est celui d’un film le cul entre deux chaises. Comme si le scénario — ou le montage — avait été charcuté, tiraillé entre plusieurs intentions contradictoires : dénoncer les dérives des gourous, protéger ou édulcorer le sujet, ou simplement raconter autre chose, tout en conservant une campagne marketing racoleuse pour attirer le public.


Résultat : une promesse totalement non tenue.



Alucard-8
4
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le 29 janv. 2026

Critique lue 43 fois

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