Gourou est le quatrième film de Yann Gozlan que je vois. Ca commence à être suffisant pour se faire un bon avis sur sa filmographie et j'ai déjà pu en tirer deux premières conclusions.

La première c'est que Gozlan fait un cinéma vraiment pas subtil pour un sou. "Burn Out", "Un homme idéal", "Boîte Noire" sont tous des films très in your face et disons le clairement, pas du tout des chefs-d'œuvre.

La deuxième c'est que... je l'aime bien son cinéma.


La filmographie de notre réalisateur du jour flirte souvent avec les limites du grossier, avec un goût prononcé pour les effets de style vu et revu et les rebondissements de scénario un peu attendus... sauf que ça marche. D'habitude...


Je sais pas exactement ce qui se passe entre ses films et moi. Probablement que c'est le genre de thriller qui m'intéresse, me donne toujours envie de suivre ces histoires. Peut-être son goût pour les personnages troubles (j'aime particulièrement celui de Mathieu Vasseur dans "un Homme Idéal"). Ce dont je suis certain, c'est que ses films sont efficaces. C'est sûr que Pierre Niney au casting, ça aide, mais globalement, je ne suis pas seul, le public suit en salles.


Et sur le papier, "Gourou" s'annonçait dans la même veine que les précédents succès du réalisateur. Ben... je dois bien le dire, pour la première fois, je suis un peu déçu.


Pour moi, le film présente, au départ, deux points forts. Son sujet. Traiter du coaching, du développement personnel, ses dérives sur les réseaux sociaux, je l'avais encore jamais vu. Encore une fois, c'est un pitch qui donne envie. C'est sûr que le film ne plonge pas non plus dans les tréfonds de la manipulation de masse. En gros, il s'agit plutôt d'une enveloppe, d'un univers dans lequel va se passer l'histoire de Mathieu Vasseur (euh ? encore lui ?). Mais ça reste un décor suffisamment nouveau pour donner envie de suivre ce personnage.

Le deuxième bon point, c'est Pierre Niney. J'apprends rien à personne en disant que c'est un des acteurs les plus en vogue du moment en France... mais en même temps il est de nouveau très bon. On est pas sur une performance all-time, mais elle porte le film.


Après, il y a le reste...

Et malheureusement le reste c'est une galerie de personnages secondaires allant du pas sensationnel (l'influençable Julien pourtant interprété par un Anthony Bajon que j'adore habituellement) au complètement sous-exploité (la femme du coach qui... existe) voir carrément au gros cliché (le personnage de Rudy aka un mec de cité, et donc dans la logique de ce film un mec violent et con).

Le reste c'est aussi quelques reds flags d'effets de mise en scène et d'écriture bien ringards. Rudy qui chuchote des douceurs à coach Matt: "t'es ma petite pute maintenant" (c'est un mec de cité vous comprenez). Les flashs d'un mort qui hante Pierre Niney avec la subtilité de Luc Besson sous canette de 8.6...


Je le redis, j'ai pas de problèmes avec le manque de finesse du ciné de Yann Gozlan. Il devient par contre problématique quand il prend le pas sur le sujet. Et plus le film avance, plus c'est le cas. Plus devant l'écran j'ai commencé à me dire "ok c'est juste une histoire en fait", puis "c'est juste une histoire et elle est pas ouf en fait".


Au final, "Gourou" est pas dégueulasse ou désagréable à suivre. On suit l'antagoniste sans déplaisir, ce qui est pas si simple que ça à faire. Mais quand le film est terminé, qu'est ce qu'il en reste ? Qu'est ce qui marque réellement le spectateur ? Une performance d'acteur et un sujet rarement traité. Ca donne envie de creuser un peu pour se faire un avis définitif sur ces fameux coachs modernes. Est ce que le film l'a vraiment fait pour nous ? Pas plus que ça.


J'ai aussi eu beaucoup de mal avec la scène finale. Déjà, j'arrive pas à croire que ce personnage, malgré tout ce qui lui tombe sur la gueule (de manière méritée) se mette une énorme quinte la veille du jour le plus important de sa life. Surtout, je trouve la scène complètement ratée. Le coaching lors des conférences (c'est montré par le film tout le long), tient en immense partie sur le charisme du coach. Quand on voit son entrée chancelante sur la scène de Las Vegas, elle ne peut mener qu'au fiasco. Pourtant le film cut et se termine en nous faisant comprendre que Matt continuera, ne changera pas de voie. Pourtant il vient de se décrédibiliser sur la plus grande scène de sa vie ET devant son idole. Son crédit est perdu à vie !

En somme, "Gourou" est à mes yeux un petit échec. Un thriller efficace qui tient sur la descente aux enfers de son personnage, donnant envie de le suivre lui et son histoire. Et c'est tout...

Parce que le reste est raté.


Y avait tellement mieux à faire de ce sujet que ça rend le film presque agaçant. Soit il fallait sortir des codes de la narration classique pour tenter une proposition jusqu'auboutiste. Soit faire le film qu'on a eu sous les yeux... mieux et sans erreur.

Au final Gourou n'est ni l'un, ni l'autre et certainement pas un film réussi.


La secte de Yann Gozlan a ouvert ses portes. La devanture était chouette, je me suis approché, j'ai jeté un œil à l'intérieur, mais j'y ai rien vu qui m'a vraiment donné envie d'y adhérer.


PS: Pourquoi les persos incarnés par Pierre Niney s'appellent toujours Mathieu Vasseur dans les films de Gozlan ? Je me suis d'abord dit qu'on suivait peut-être le même personnage que dans "un Homme Idéal". Ca aurait été stylé, une manière de relier l'univers des deux films, comme une sorte de suite déguisée... Sauf que non. Dans "Boite Noire", Mahieu Vasseur était un personnage totalement différent. A l'image du film cet élément me laisse perplexe, et même si ça me fait un peu chier de l'admettre... frustré.

Sihtam
4
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le 1 févr. 2026

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