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Niney, ni à faire
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le 26 janv. 2026
Le malaise ressenti pendant ces 2 h 06 passées en salle m’oblige à écrire cette première critique sur la plateforme.
Le thème est pourtant très prometteur, et aurait mérité bien d’autres angles que celui du thriller paranoïaque — registre emblématique du cinéma américain des années 1970 — pour être pleinement exploité.
Le cadre posé au départ a néanmoins le mérite de soulever une question éminemment contemporaine et sociétale :
faut-il protéger et encadrer la profession de coach, et par extension les millions d’individus qui, cherchant de l’aide face à de réelles problématiques existentielles, se retrouvent livrés à une multitude de charlatans autoproclamés, pour qui la détresse psychologique rime avec business pathétique et conseils hors-sol ?
Les caractéristiques psychologiques du personnage principal, Matt, constituent malheureusement l’un des premiers et plus grossiers défauts du film. Nous sommes face à un personnage cochant toutes les cases de la psychopathie (aujourd’hui désignée sous le terme de personnalité antisociale) : absence d’empathie, charme superficiel, manipulation et mensonge, égocentrisme, impulsivité, irresponsabilité, moralité purement instrumentale, etc.
Ce portrait sans nuance nous propulse dans un spectacle aussi malaisant qu’angoissant, où le coaching est confondu avec une messe collective de développement personnel, oscillant entre secte et show grotesque.
Or, tout cela existe déjà depuis 2016 dans le documentaire Tony Robbins: I Am Not Your Guru. Coïncidence ?
La différence majeure est que ce documentaire, aussi dérangeant soit-il, avait au moins le mérite de filmer des situations réelles (détestablement honteuse mais réelles) et authentiques. Ici, le film s’enlise dans une fiction invraisemblable, accumulant les excès jusqu’au chaos inutile.
Le coaching collectif sous forme de séminaire-spectacle est un phénomène qui trouve effectivement son origine et sa place centrale aux États-Unis. Or, n’étant pas encore arrivés à notre degré ultime d’américanisation, cette vaste farce — ou arnaque — consistant à transformer nos vides existentiels en sacralisation de l’entrepreneuriat méritocratique n’existe pas, ou très marginalement, dans les sociétés européennes.
Faut-il rappeler au réalisateur la différence entre Occident et Europe ?
Le spectateur européen passe ainsi largement à côté d’un phénomène qui lui est culturellement étranger.
En faisant de son personnage principal un psychopathe pur, le film suggère malgré lui que si les coachs ne sont pas psychopathes, ils pourraient alors être utiles aux autres — et à la société. Une pirouette narrative qui finit paradoxalement par redonner des lettres de noblesse au coaching, sauvé par contraste de la caricature qu’on lui impose.
D’autres étrangetés aggravent encore le malaise.
Les femmes sont réduites à des rôles glorieux : compagne naïve et aveugle, secrétaire, stagiaire, ou journaliste espionne… qui finit par fuir.
Les hommes ne sont guère mieux lotis : soit brisés par la vie et suffisamment fragilisés, soit psychopathes en devenir, prêts à tout pour passer du statut de victime à celui de bourreau.
Et comme si cela ne suffisait pas, Hanouna et sa bande de chroniqueurs inqualifiables nous font l’honneur d’apparaître comme voix de la sagesse et de la mesure - Bah voyons.
Au final, il ne reste que deux choses à sauver, pour éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain glacé : un thème fort, qui méritait infiniment mieux, et un Pierre Niney, qui, lui aussi, méritait franchement mieux.
Créée
le 1 févr. 2026
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