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Thématique en béton, belle galerie de seconds rôles, Gourou fait illusion 1h30 avant de s'écrouler par péché de gourmandise. Gozlan, dont j'ai vu les quatre premiers films et pas les deux suivants (pas terribles du tout, si j'ai bien compris), semble fasciné par la mécanique de l'implacable, et plus généralement par la descente inéluctable en enfer. Son meilleur film reste Un homme idéal, qui marque clairement son goût pour la tension qui émerge dans un quotidien banal, et le crescendo scénaristique, un peu à la Fincher, qui peut confiner à la limite de l'invraisemblable. Mais jusqu'ici Gozlan avait le souci du détail et suffisamment de finesse pour que notre suspension d'incrédulité soit consentie de bonne guerre.
En s'emparant d'un, voire plusieurs sujets de société absolument majeurs (la haine en ligne, les fake med, l'emprise des réseaux sociaux sur notre vie sociale) Yann Gozlan vise juste et fort, son portrait d'usurpateur semblant un bon moment tristement réaliste. Malheureusement Gourou prend un virage, celui du thriller plutôt que du drame sociétal, dont il ne se remettra pas. Ce qui tenait du plan scénaristique machiavélique savamment orchestré dans Burn Out, Boîte Noire et plus particulièrement Un homme idéal se heurte ici à une accumulation d'événements artificiels dont le caractère invraisemblable censément "divertissant" a finalement tendance à nuire à un propos pas si consensuel : on vit bel et bien dans une époque de merde dans laquelle le scrolling ronge le cerveau, la sociabilité, le libre arbitre et produit à la pelle des rois des pacotille à l'égo surdimensionné.
Il est tout à fait autorisé de penser qu'en ce sens la démarche de Niney est particulièrement déplacée, lui que l'on voit partout et tout le temps, et dont la femme, comble du foutage de gueule, est précisément coach de bien-être. Auquel cas Gourou est proprement irregardable. On peut aussi choisir de se limiter aux contours du film lui-même... Affaire de morale. :-)
Créée
le 16 févr. 2026
Modifiée
le 16 févr. 2026
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