Gourou
5.6
Gourou

Film de Yann Gozlan (2026)

Un bon film du dimanche soir après le gigot

Je ressors de « Gourou » avec une vraie frustration. Le film semble constamment pressé, comme s’il refusait de laisser respirer ses propres idées. Tout s’enchaîne à grande vitesse, sans jamais prendre le temps d’installer une tension, un doute ou même une émotion durable. On peut y voir un choix de mise en scène pour coller au rythme de vie du personnage principal — un homme lancé à 100 à l’heure — mais l’effet finit par produire l’inverse de ce qui est recherché : on reste à distance.

Cette précipitation donne surtout l’impression d’un film formaté pour capter l’attention à tout prix, presque comme s’il empruntait ses codes à des formats courts type réseaux sociaux. Résultat : ça survole beaucoup, ça creuse peu.

Pierre Niney, lui, est irréprochable. Il porte le film avec énergie et conviction, et sans lui, l’ensemble s’effondrerait probablement. Mais ça ne suffit pas à compenser le reste. Tout gravite autour de lui, au détriment des autres personnages, qui manquent cruellement d’épaisseur. Ils sont souvent réduits à des archétypes, voire à des fonctions narratives assez grossières.

Le personnage de sa femme en est l’exemple le plus frappant : elle existe surtout pour le mettre en valeur ou faire avancer l’histoire, sans réelle autonomie ni complexité. On devine rapidement les intentions, les enjeux, et même les retournements. Les ficelles sont visibles, parfois trop grosses pour être ignorées.

Mais au-delà de ces défauts, ce qui gêne le plus, c’est le positionnement du film. « Gourou » reste en permanence à la surface de son sujet. Il ne semble jamais vraiment prendre parti : il ne condamne pas son personnage, ne l’encense pas non plus. Sur le papier, cette neutralité pourrait être intéressante, mais ici elle donne surtout une impression d’entre-deux assez mou, comme si le film refusait de se mouiller.

```On assiste alors à une trajectoire très balisée — ascension, chute, puis peut-être une renaissance façon phénix — sans que jamais un regard fort ne vienne donner du sens à l’ensemble. Tout est là, mais rien ne s’impose vraiment.

```

Au final, « Gourou » donne l’impression d’un film qui avait des choses à dire, mais qui choisit la vitesse et l’efficacité au détriment de la profondeur. C’est rythmé, bien joué, mais trop superficiel pour réellement marquer.

Picardass
5
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le 6 avr. 2026

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Picardass

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