Le premier Greenland s’était avéré surprenant. Non pas qu’il soit parfait, mais plutôt qu’il assumait totalement son étiquette de « film catastrophe à petit budget » - 34 millions de dollars, alors que ce genre de production affiche majoritairement le double de ce budget, si ce n’est plus. Et qu’au lieu de se perdre dans des séquences d’action low cost, il a préféré se concentrer sur ses personnages et l’aspect humain avant toute chose. Ce qui en faisait une série B appréciable et sortant quelque peu du lot. Pour ce qui est de la suite, c’est malheureusement l’inverse qui se produit. Ne serait-ce que le titre tombe dans le piège d’un budget plus conséquent – ici, nous sommes à 90 millions de dollars ! – l’incitant à offrir le spectaculaire qui manquait au précédent. Et pour le coup, Greenland 2 fait la part belle aux images à effets spéciaux, que ce soit les décors (une ville engloutie par les eaux) ou les séquences d’action (raz-de-marée, pluie de météorites, falaise qui s’écroule avec personnage suspendus dans le vide…). Mais en faisant cela, il en oublie ses protagonistes, réduits à de simples spectateurs ou acteurs de ce qu’ils doivent affronter – en plus d’être terriblement malchanceux, vu toutes les péripéties s’offrant à eux en si peu de temps. L’humanité qui se dégageait du premier opus s’efface sur l’autel du divertissement. Sans compter que, comme tout va à un rythme effréné – si le budget augmente, la durée de visionnage, elle, diminue, se retrouvant amputée d’une vingtaine de minutes -, le film veut assurer le spectacle sans se soucier un seul instant de la cohérence de ce qu’il montre. Comme de voir le bateau de sauvetage de nos héros éviter une immense vague alors que, sur le plan d’avant, celle-ci fonçait droit sur eux. Ou alors les voir arriver dans une ville où le niveau de l’eau dépasse le haut des immeubles, et les voir juste après marcher et rouler en voiture dans un quartier de cette même ville. Cela, Greenland : Migration en regorge, créant ainsi une distance avec le divertissement qu’il aurait pu être. Car mine de rien, malgré des écueils techniques non négligeables – certains CGI piquent les yeux -, difficile de s’ennuyer devant la proposition. Cette suite peut en effet se laisser regarder sans déplaisir… mais à condition de faire l’impasse sur tout ce qui ne va pas.

Greenland: Migration

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