Et ne laisse que peu de place à l'humanité. Une suite que personne n'attendait d'un film que tout le monde a oublié, toujours réalisé par Ric Roman Waugh, et c'est raté. Pas très surprenant en même temps. Effectivement, si le premier était relativement sympa au moins pour son côté film catastrophe avec ses effets spéciaux etc., celui-ci loupe même cette partie-là !
Cinq ans après le crash de la comète Clarke sur Terre, la plupart des humains sont toujours enfermés dans des bunkers et cherchent un endroit tranquille où s'installer mais peinent à en trouver un ! Effectivement, l'air y est devenu radioactif à peu près partout (sauf quand ça arrange le scénario) et la nature se déchaine avec des orages meurtriers.
Le film catastrophe est en voie d'extinction au cinéma, alors à chaque qu'il y en a un, je saute dessus. Malheureusement ici, peu de catastrophes à l'horizon. Eh non car la direction qui a été choisie a été celle de l'insurrection, de la guerre entre les micro-sociétés qui se sont installées un peu partout et le gouvernement qui garde toujours ses portes de bunker bien fermées à la plèbe mourante. Donc, mis-à-part quelques plans intéressants, on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent.
D'autant plus que le thème central reste, une nouvelle fois, la famille. C'était déjà le cas dans le premier film mais en même temps, c'est un thème prédominant dans le genre. Et c'est normal, ça permet au spectateur de s'identifier plus facilement en vivant la catastrophe du point de vue d'une famille moyenne, ce qui peut donner libre cours à une mise en scène usant largement de gigantisme, ce que j'apprécie tout particulièrement. C'était déjà très maladroit (car écrit à la truelle) dans le premier film mais dans cette suite, ça prend des proportions pas possibles.
Ainsi, on retrouve un Gerard Butler prêt à foncer contre vents et marées pour sauver sa petite femme inoffensive (la scène où elle tire sur quelqu'un, c'est catastrophique dans sa représentation) et son fiston bien courageux (qui n'est d'ailleurs plus insulinodépendant, bien pratique ça aussi). C'est tellement omniprésent, tellement forceur dans sa représentation de la famille nucléaire américaine que d'une part, ç'en est risible (la fin est hilarante alors qu'elle cherche à faire pleurer dans les chaumières) mais c'est surtout à se demander si c'est pas un peu trop conservateur tout ça.
Certes, je cherche la petite bête. Concentrons-nous sur le divertissement pur. Il n'y en a pas. Enfin pas des masses. Et encore, le film ne dure qu'à peine une heure et demi et on sent qu'il racle les fonds de tiroir pour tenter de raconter quelque-chose. Pourtant, ça partait bien avec ce sujet de confinement pendant des années, comment les sociétés mondiales se sont organisées etc. Mais ce n'est qu'esquissé et ensuite, on repart en vadrouille pour ne montrer que de la banalité alors que le spectateur est en recherche de spectaculaire.
Bref, "Greenland : Migration" est donc bien trop plat et convenu lorsqu'il ne touche pas au ridicule.