Depuis une grosse dizaine d’années ce bon Jason joue le rôle de … Staham. Faut comprendre le gars taiseux, le gars qu’on n’emmerde pas, le style à défendre le faible quitte à balancer des bourre-pif plein cadres. Immuable, tel un rentier de la série B, le très anglais et chauve ex champion de natation enquille les productions à sa grande gloire. A de rares exceptions, le box-office s’affole gentiment, The Beekeper a bien fonctionné, régulièrement ses œuvres demeurent d’honnêtes prod’ correctement mise en scène et au rendu à la rigueur sympathique sans rien révolutionner le genre. Jason Staham, bientôt six décennies au compteur, est un bon faiseur, il a une jeune épouse, collectionne les Patek en or, les products placements avec des marques de fringue en cachemire et les films avec son poto Guy Ritchie sans vaciller une seule seconde d’un train-train de métronome. le rentier d'Hollywood, pépère. zéro prise de risque, à quoi bon?
A la base, le trailer de ce nouveau véhicule m’a plutôt bien excité, non pas que le réal (un yes man de Gerard Butler usuellement) soit un génie mais cela m’a semblé pas moins couillon qu’un autre projet de ce bon vieux Jason. Ici il joue le même rôle, un as du combat rapproché, un ex des forces spéciales ou un gars qu’on devrait éviter de chatouiller vivant en replis sur une petite ile aux larges de l’Ecosse en ermite pas jouasse. Il a un clebs, il picole, joue tout seul aux échecs, gagne à chaque fois, porte inlassablement un bonnet en laine épaisse pour le protéger d’un gros rhum, dort tout habillé avec ses grolles et vient en aide à une gamine chargée du ravitaillement bousculée par d’immenses vagues et blessée au pied. Et là au lieu de partir dans un actioner de plus, le pas rigolo-déconneur et la jeune fille vont apprendre à se connaître dans une unique pièce, au milieu de nulle part, du coup la première grosse demi-heure de film a zéro scène d’action, pas une seule seconde. Jason continue à picoler, jouer aux échecs et tenter de (re)devenir un être humain au contact de l’enfant blessée. Comme le pied demeure infectée, ce bon samaritain se décide à rejoindre le continent chercher ce qu’il faut pour soigner la fillette. Et là, comme on est aux XXIème siècle sa bonne bouille de jo la déconne est repérée. S’ensuivent enfin quelques scènes ma foi correctement bien troussées, avec un antagoniste retord et des huiles politiques à Londres qui dictent leur loi.
Shelter n’a rien de déshonorant ni, soyons juste, de foncièrement passionnant. C'est de la série B bien faite, le genre de truc qu'on est content de mater dans un avion qui traverse la nuit sur son écran avec des oreillettes. Si jamais, c'est en salle en avril pour les plus téméraires.