Donnez-moi une belle bagnole et du fric et j'en fais autant, je baise n'importe qui.
Gros dégueulasse 1er, roi des Incels.
Des BD à sketches, cómme celles de Reiser, Garfield, ou Grimmy par exemple, reposent sur des soliloques et des courtes saynètes philosophiques teintées d'un humour cynique. Ce format fonctionne particulièrement bien en BD, car la lecture se fait page par page, laissant à la dernière case le soin de livrer une morale cinglante comme un coup de massue, et on referme pour y réfléchir. Quelques fois, on ne comprend pas tout de suite en quoi réside l'ironie, alors on reste quelques instants dans le silence, ce qu'on fait aussi très souvent pour garder en bouche le goût du final ou des punchlines un peu plus longtemps.
Les BD à saynètes ne se lisent pas d'une traite comme les BD d'action ou de mystère.
Avec l'adaptation à l’écran, on perd tout ça, le format audiovisuel doit être plus fluide pour ne pas ennuyer.
Dans cette adaptation, Maurice Risch n’est pas mauvais dans son interprétation, mais il se devait absolument d'être plus outrancier.
Par exemple, quand il insulte la petite fille qui lui regarde les attributs (ça passe difficilement aujourd'hui quand même), il faut qu'il soit ordurier et violent, comme le personnage de la BD, sinon c'est pas drôle.
Donc ce film n'est pas drôle. Il garde l'aspect philosophique par contre.
Ce gros dégueulasse (Comme on peut appeler un con maigre un gros con, je suis vraiment surprise du résumé du film sur la page SensCritique, c'est pas du burlesque en plus.),
je le voyais vraiment comme un vieux dégueulasse, beaucoup plus outrancier, avec un accent traînant, eh toi la s..lope... .
Il est même trop propret et gentil, Risch. Pas assez ordurier, outrancier, cartoonesque, donc incônique. Un petit rire bien débile après ses répliques et qui nous reste dans la tête, ça aurait été
Gros dégueulasse est entre le philosophe cynique et Homer Simpson. Ou c'est un Homer Simpson encore plus looser mais moins con.
Le personnage de Reiser, provocateur, mais touchant n'est pas si ignoble, il pousse l'ignominie tellement loin qu'on finit par sourire et se dire qu'il a raison, sinon ce serait pas drôle. Il grossit le trait volontairement.
La fin gâche vraiment tout, mais alors vraiment... Il aurait été plus malin de finir sur la scène du manège, qui est réussie. Ce qui est bien dans la BD, c'est la résilience du gros dégueu qui adopte une vision moqueuse, cynique, détachée, même s'il a ses moments de déprime, il sait trouver l'angle pour mépriser encore plus la normalité qui le méprise, le final est donc particulièrement raté, et trahit complètement l'esprit. Chez Reiser, Gros dégueu est le grain de sable dans le rouage de la société, le poil à gratter qui pique, il en est fier, et ça lui donne une utilité à ses propres yeux. C'est même un personnage joyeux. Gros dégueulasse, han, han, gros dégueulasse, hon...
Encore une fois, la scène du manège suffisait, et était la parfaite scène de fin.
Le communisme, c'est une boîte de cassoulet où tout le monde est un haricot.