Hank Cooper (Edward Asner) est au bord de la crise de nerf : les membres de son équipe de football américain sont tous plus mauvais les uns que les autres. C’est alors qu’il entend parler de Gus, une mule yougoslave capable de tirer au but mieux que personne. En désespoir de cause, il la fait intégrer son équipe, en espérant remonter le niveau. Mais la remontée est tellement spectaculaire qu’elle inquiète la concurrence, qui cherche à empêcher cette mule de jouer par tous les moyens…
Comédie Disney typique des années 1970, Gus est l’illustration même de la baisse de qualité qui caractérise la période post-Stevenson. En effet, alors même que le réalisateur emblématique des studios Disney réalise son dernier film la même année et que Norman Tokar est sur la fin, de nouveaux noms apparaissent pour prendre la relève, mais il manque quelque chose à leur cinéma.
On voit en effet se répéter à l’infini les recettes qui assurèrent aux comédies Disney leur âge d’or dans les années 1960, le génie en moins. Les effets comiques fonctionnent parfois, mais sont trop soulignés pour convaincre vraiment. Là où un Robert Stevenson savait distiller des gags souvent hilarants dans son intrigue sans s’y arrêter, McEveety s’appesantit dessus, comme en témoigne la scène où deux criminels cherchent à rattraper la mule qu’ils ont volé dans un supermarché, très amusante au début, mais qui finit par s’éterniser bien au-delà du raisonnable.
A l’image de cette scène, Gus fait raisonnablement rire, mais ne parvient à égaler qu’en de très rares occasions la finesse à laquelle les studios Disney nous avaient habitués, d’autant que le réalisateur n’assume pas assez l’aspect dramatique qu’il essaye d’introduire dans son œuvre. Reste une comédie sympathique, mais qui ne va donc pas assez au bout de ses (bonnes) idées pour convaincre entièrement.