Gwang-jang
6.8
Gwang-jang

Long-métrage d'animation de Kim Bo-sol (2025)

"Présenté au festival d’Annecy l’été dernier, The Square, de Kim Bo-sol, a trouvé refuge dans la section Paysage du FFCP. L’unique long-métrage de toute la sélection nous entraîne à Pyongyang, en Corée du Nord, pour une romance interdite et silencieuse, dont chaque instant semble surveillé."


"La ville, perçue à travers les yeux étrangers d’Isak Borg, apparaît à la fois majestueuse et oppressante : ses larges avenues, ses monuments austères et ses places publiques dessinent un décor à la beauté glaciale, reflet de l’isolement et de la surveillance qui imprègnent le quotidien. Le réalisateur y déploie une poésie du silence : le souffle du vent dans les avenues désertes, la neige qui tombe avec une lenteur mesurée, les gestes suspendus des passants – tout concourt à faire de Pyongyang un lieu de contemplation et de tension, un espace où chaque pas est calculé et chaque regard pesé. Dans ce huis clos politique, la fragilité de l’amour et de l’espoir se heurte à la rigidité du système, et chaque geste à contre-courant, chaque frémissement devient un enjeu de liberté, un acte clandestin de rébellion."


"Premier secrétaire à l’ambassade de Suède à Pyongyang, Isak Borg se distingue par ses cheveux blonds et ses yeux bleus. Il n’est qu’un étranger pour les autochtones, qui le dévisagent ou l’évitent comme un écho lointain. Pourtant, Bok-joo, jeune agente de la circulation nord-coréenne, voit en lui non pas un intrus, mais un murmure d’humanité dans une ville de pierre. Leur relation, fragile et silencieuse, se déroule le long d’une rivière ou au pied des monuments imposants de la capitale, chaque rencontre devenant un trésor éphémère. Lorsque le retour d’Isak à Stockholm se profile, irrévocable et définitif, Bok-joo se voit condamnée à ne conserver de lui que des souvenirs glacés, balayés par la neige de cet hiver qui scelle la fin de leur saison, de leur année et de leur amour naissant."


"Porté par une petite équipe et un budget restreint, The Square a nécessité six années de production, chaque scène étant minutieusement construite pour capturer la tension émotionnelle et politique de l’histoire. Loin de se limiter à la romance ou au thriller, le film s’affirme comme une immersion dans la solitude, la peur et la résistance. Il transforme la froideur des décors nord-coréens en un terrain fertile pour la fragilité et l’espoir humains, et fait de Myeong-jun, à travers son regard vigilant mais fragile, l’un des personnages les plus poignants d’un récit où le secret, l’amour et la surveillance s’entrelacent en un ballet subtil."


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Cinememories
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le 16 déc. 2025

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