Gyo
5.2
Gyo

Long-métrage d'animation de Takayuki Hirao (2012)

La poiscaille, c'est pas mon truc...

Contient des spoilers


Gyo : Tokyo Fish Attack, moyen métrage de 70 minutes réalisé en 2012 par Takayuki Hirao et créé par Jonji Itou, sortant tout droit du studio Ufotable, m'a attiré par son affiche : un film catastrophe, avec une petite étiquette « horreur » alléchante : le film me paraissait déjà idéal pour une soirée.


Et ça commençait bien ! Une ambiance pesante, un chara-design particulier mais réussi ainsi qu'une animation de qualité - bref, comme d'habitude chez Ufotable (Fate/Zero, Fate/Stay night 2014, The garden of Sinners, Tales Of etc..). Les expressions des personnages sont très (voir trop) bien retranscrites, les poissons requins sont réellement effrayants ; d'un côté technique, rien à redire, c'est irréprochable.


Le premier défaut de la série se trouve dans ces personnages insupportables. On a des véritables pestes psychotiques parmi notre casting de personnages, à savoir les deux amis de notre héroïne Kaori (qui elle par contre est l'ange sur Terre - que l'on m'explique comment elle s'est retrouvée avec ces 2 énergumènes). L'une des deux est égoïste, mal dans sa peau, rongée de jalousie. C'est cependant le personnage qui subit le plus d'évolution, puisque victime de son propre comportement. Elle regrettera, au dernier moment de sa vie, son attitude et ses actes, lâchant une larme éphémère avant son dernier souffle (snif). De l'autre côté, on a une adolescente enveloppée et pas très belle, victime du regard méprisant des gens (on a vraiment de l'empathie pour elle... au départ). On constatera que les deux finiront par perdre la tête (l'une littéralement il me semble), ainsi que la vie, à cause de leur égoïsme les poussant à la limite du sadisme. Mais ces attitudes ne sont qu'une infime partie de ce qu'est véritablement Gyo, une débauche de violence sans intérêt, ayant soit disant pour but, comme beaucoup de films apocalyptiques, de montrer la déchéance humaine. Nos deux amies en sont un exemple concret. Mais vous verrez aussi d'autres images, comme des gens qui pillent des magasins (ca va), qui s’entre-tuent (ca va déjà moins), ou même qui en violent d'autres (dans la rue, devant tout le monde, oui oui) : on ne vous épargne rien. Donc attention âmes sensibles, Gyo n'est pas ouvert à n'importe quel public en raison de ces scènes crues.
Revenons aux personnages, avec le journaliste (évidemment, qui dit film catastrophe dit journalisme), le savant fou (il en faut toujours un pour remplir les quotas), le fiancé (inutile) et quelques autres personnages inintéressants. Enfin je dis ça, mais au final le journaliste s'avère être attachant, notamment du fait qu'il soit téméraire et protecteur envers notre Kaori (même s'il agit surtout par intérêt si vous voyez ce que je veux dire...).


Le coup fatal qui coule véritablement Gyo, ce sont ses innombrables erreurs dans le scénario et dans la chronologie, la tournure totalement improbable des événements vers du fantastique, ainsi que le manque total d'explications.
Par exemple, l'apparition soudaine de l'oncle de Tadashi (le fiancé) dans sa maison pendant que celle-ci est fouillée, alors qu'il était il y a quelques heures sur un plateau télévisé (le fameux phénomène de la "téléportation" récurrent dans les mauvais films d'action pour ne pas casser le rythme). Autre exemple, la diffusion de l'information sur l'invasion de la campagne se fait à vitesse éclaire (quelques heures), alors que l'invasion de Tokyo, au bout de plusieurs heures, n'a toujours pas été remarquée.
De plus le fantastique intervient également ! Avec des gaz vivants, capables de porter des monstres ou humains avec des sortes de mains bizarres. Un problème récurrent chez les mauvaises productions utilisant plusieurs genres différents, c'est que l'ensemble ne forme pas un tout cohérent. Si dès le départ l'anime s'était présenté comme fantastique, alors le fait que des mains formées de gaz fassent leur apparition n'aurait choqué personne ; mais ici, on nous impose un élément étranger dans un film de survie, se plaçant dans l'héritage des films zombies fusionnés aux dents de la mer. De plus, même en acceptant le fait que ces mains existent, ce n'est pas "possible", d'un point de vue physique, que des mains de fumées prennent des personnes : ce sont de fines particules en suspension qui ne présentent aucune résistance. Même dans les films fantastiques, les propriétés fondamentales de la physique moderne sont respectées ; le feu brûle, la glace refroidit, la fumée est intoxicante, mais n'a pas d'impact solide.
Sans parler du ridicule des machines bizarres avec lesquelles les êtres vivants sont fusionnés. Et pour expliquer ce truc, on nous ressort l'énième histoire du complot de la seconde guerre mondiale (c'est ça qui nous manquait au tableau John). Puis finalement le scénariste a décidé que non car il a compris que ça puait comme idée, donc il fait rajouter un personnage random à la fin du film sorti réellement de nulle part qui explique que ces machines n'ont pas été créées par l'homme (??). Comment il le sait ? Ça on n'en sait rien par contre... Les deux hypothèses qui nous sont données sont les extraterrestres (bon à la limite) ou la formation des machines au fond de l'océan........ Comme ça, par l'opération du saint esprit sans doute.


Et je n'ai pas parlé de la nudité présente dans le film, avec des scènes de sexes inutiles et explicites afin d’appâter les petits pervers que nous sommes. Comble du comble, on a le droit à l'intervention des tentacules !! Celle-ci vont bien sûr s'enrouler autour du corps généreux de notre jeune Kaori qui visiblement n'est présente que pour le fan-service... Alors bon, les scènes de sexes, passe encore... Mais les tentacules ? Était-ce absolument nécessaire de pousser le vice aussi loin ? Ce fut un choc, vraiment.
Je n'irai pas plus loin, mais sachez que vous n'aurez droit qu'à cela tout le long du film.


C'est ici que ce finit cette petite critique, un peu brouillonne mais le film critiqué ne vaut pas mieux, donc on me pardonnera.
Même comme divertissement, Gyo ne remplit pas bien son rôle, pour les raisons citées ci-dessus.
Un échec.
2/10.

Kino-san
2
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Créée

le 25 avr. 2015

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Kino-san

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