Dans le tumulte des tops et des flops cinématographiques de l'année 2025, il m'est encore une fois arrivé de passer au travers de petits bijoux méconnus. Ce 4e film du réalisateur britannique d'origine iranienne Babak Anvari, dont il semblerait qu'il soit un habitué de l'horreur, en fait partie.
HALLOW ROAD, un petit thriller minimaliste et une masterclass de suspens, suit un couple parti à la hâte en pleine nuit, rejoindre leur fille qui vient d'avoir un accident de la route.
L'action se passe quasi intégralement en temps réel dans l'habitacle de leur véhicule.
Après une intro froide et sans bande-son, filmant des plans fixes sur une nature morte laissant supposer une scène de ménage dans une cuisine, l’intrigue débute directement par un coup de fil d’une jeune adulte à ses parents. Celle ci paniquée et déboussolée, vient d’avoir un accident de voiture à une petite heure de route du domicile parental, sur un chemin de campagne perdu en pleine forêt.
Voilà pour le pitch, l’essentiel du film est un huis clos tendu et oppressant, à bord du véhicule des parents roulant au secours de leur fille.
Un exercice compliqué, qu’il s'agisse de rester cohérent, ou de garder l’attention du spectateur.
Heureusement le couple d’acteurs vedettes par la justesse de son jeu, tient la route, sans mauvais jeu de mot. Rosamund Pike est encore une fois impeccable en mère de famille courageuse et exténuée.
Quand à la supposée fille perdue dans la forêt, on n’aura que sa voix paniquée a l’autre bout du fil, ce qui ajoute en tension, et à l'urgence de la situation.
On se retrouve donc otages/complices (au choix) du drame familial que se joue ici.
Les informations sur la scène de ménage ayant eu lieu avant le déroulement de l’intrigue ne sont disséminées qu’avec parcimonie à mesure que la conversation téléphonique avance, un façon drôlement intelligente d’étaler la narration et donc d’éviter de tourner en rond au bout de 20 minutes.
A l’anxiété de retrouver leur fille saine et sauve au bout de leur trajet, les parents doivent composer avec une situation familiale difficile, plombée par les non-dits de chacun des personnages.
HALLOW ROAD est un thriller dramatique qui flirte avec le fantastique, plusieurs événements venant bousculer la logique et la prise de décisions rationnelles des protagonistes. Ce soupçon d’épouvante, de surnaturel même, ajoute au scénario le sentiment d’angoisse ressentie par le spectateur, littéralement en apnée pendant les 3/4 du film.
Faite du sensationnel, avec très peu de moyens, c’est le pari réussi avec cette proposition originale, qui se paye le luxe d’offrir un final ouvert à la double interprétation, ce qui permet de ne pas tomber dans une résolution de l’intrigue qui aurait pu s’avérée décevante après cette virée nocurne suffocante.
HALLOW ROAD est en définitive une agréable découverte, qui donne envie de se plonger dans la filmographie de son réalisateur, ses 3 précédents essais étant eux aussi dans le genre fantastique.
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