Halloween de John Carpenter a été ma première vraie rencontre avec l'horreur quand j'avais 16 ans, et que les slashers m'apparaissaient comme un genre douteux, malsain et de toutes façons bien trop terrifiant pour moi. Autant dire qu'il m'avait frappé de toute la force de sa bande son entêtante. La confrontation délicieuse au monde de la peur me faisait lui pardonner tous ses aspects "nanardesques".
J'ai suivi de très loin ses suites, remakes et autres, mais j'ai accueilli avec joie la perspective de ce halloween 2018, avec Jamie lee curtis et carpenter à la production. Je trouve que de manière générale, la volonté de dire "on repart à 0 tout en respectant ce qui a été fait à l'origine", laisse présager de bonnes choses qualitativement parlant.


Mon dieu, quelle déception.


Autant commencer par le bon, que ce soit fait aussi rapidement que possible. L'intro (largement spoilée par les bande annonces mais bon) et le générique sont incroyables: du genre qui replonge dans l'original tout en le transcendant et en le modernisant. Une sorte de gestion habile de l'hommage qui souhaite avant tout raconter quelque chose de nouveau. C'est plus qu'un vulgaire clin d'oeil, c'est créer une continuité dans le chef d'oeuvre. Par ailleurs, les clins d'oeil (plans identiques ou inversés par rapport à l'original, moquerie des inombrables suites de la série) ne manquent franchement pas. J'irai même jusqu'à dire qu'ils apportent quelques belles problématiques dans le couple Michael/Laurie, le prédateur et sa proie. Voila pou le positif. C'est peu mais ça sauve la note du 0/10.


Pour ce qui est du reste, c'est un festival de tout ce qu'il y a de pire avec le film d'horreur: peur basée uniquement sur les jump scare, suite de décisions absurdes des personnages, motivations douteuse, film entier reposant sur un méchant emblématique que l'on montre à outrance... Tout est bête, peu imaginatif, convenu sans pour autant gagner un "mouais" d'adhésion.


J'aurais pu pardonner ce film et le voir comme un petit slasher du dimanche aprem s'il ne s'était pas présenté comme le tabula rasa de la franchise. Promettre le vrai halloween 2 pour sortir une bouse pareil c'est sacrilège et malhonnête.

QuentinPrEddy
2
Écrit par

Créée

le 30 oct. 2018

Critique lue 252 fois

Quentin PrEddy

Écrit par

Critique lue 252 fois

1

D'autres avis sur Halloween

Halloween

Halloween

8

B_Jérémy

le 27 oct. 2018

Suivre

La rancune permet de rendre à quiconque la monnaie de sa pièce

Vous savez que je prie tous les soirs pour qu'il s'évade. Pourquoi vous faites une chose pareille ? Pour lui faire la peau. Halloween, une saga mouvementée Halloween le slasher...

Halloween

Halloween

8

Behind_the_Mask

le 24 oct. 2018

Suivre

Oublier Michael et tourner la page ?

Halloween, c'est un monument. Un masque sans expression. Une ombre lourde de menace qui vagabonde dans cette banlieue automnale mid class américaine qui se prépare à célébrer les morts. Halloween,...

Halloween

Halloween

8

Sullyv4ռ

le 2 oct. 2018

Suivre

The Shape of Evil

Les plus chanceux ne croisent pas le chemin de Michael... On vit dans une époque où les suites, préquels, remakes, reboots et spin-off pullulent comme des moustiques l'été, et cette mode apporte 90%...

Du même critique

Halloween

Halloween

2

QuentinPrEddy

le 30 oct. 2018

Suivre

Pas le droit de faire ça

Halloween de John Carpenter a été ma première vraie rencontre avec l'horreur quand j'avais 16 ans, et que les slashers m'apparaissaient comme un genre douteux, malsain et de toutes façons bien trop...

Le monde est à toi

Le monde est à toi

8

QuentinPrEddy

le 25 sept. 2018

Suivre

Anti Scarface à la Française

"The world is yours", le monde est à toi, est la promesse entêtante de l'Amérique consumériste à Tony Montana dans Scarface. Mensonge qui explique la trame du classique de De Palma: comment un...

Sale temps à l'hôtel El Royale

Sale temps à l'hôtel El Royale

7

QuentinPrEddy

le 14 nov. 2018

Suivre

En attendant Tarantino

Par une coïncidence des plus agréables, j'ai regardé il y a quelques jours seulement "the cabin in the woods", le seul film du réalisateur drew goddard, 6 ans avant "Sale temps...". J'ai tout de...