Halloween est le cas d'école de la suite opportuniste tardive qui n'a rien à raconter pour étoffer le mythe, après 13 films dans 5 chronologies différentes, des romans, BD, jeux vidéos et que sais-je encore. En ce qui me concerne, c'était ma première incursion dans la franchise et j'étais convaincu qu'il n'y avait rien eu depuis le film de 1978.
Pour tout dire, comme beaucoup de gens dans la salle, j'étais convaincu d'aller voir "Halloween" (1978), et non "Halloween" (2007) ou "Halloween" (2018). Et j'espère que cette phrase est aussi casse-couilles à lire qu'elle l'est à écrire, car je déteste profondément cette tendance à donner à des suites ou des reboots le même nom que l'original. C'est devenu endémique dans le jeu vidéo (Doom 2016, Tomb Raider 2013, etc), et le cinéma n'est pas épargné.
Si c'est votre premier Halloween et que vous aimez les slashers, vous devriez passer un bon moment. C'est un film de commande, sans génie ni prise de risque, mais c'est suffisamment bien branlé pour être efficace, et le film exploite bien son héritage, en abusant notamment de sa musique iconique.
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Le tueur, Michael Myers, est bien mis en scène dans les séquences d'ouverture : silencieux et menaçant, il est présenté comme l'ultime prédateur et l'incarnation absolue du mal. Le film fait monter la sauce en s'adressant directement aux nouveaux venus et... ça marche bien, car on sent qu'il y a derrière le personnage une longue tradition de meurtres sanglants.
Malheureusement, une fois en action, Michael Myers perd de sa superbe et se révèle très banal. C'est juste un vieux mec qui a beaucoup trop de chatte et se cache bien. Il est terriblement lent et ne survit que parce qu'il a la peau surnaturellement dure et qu'il est double médaillé de cache-cache et de 123-soleil. La scène des mannequins, en est une hilarante illustration.
Dans l'équipe adverse, on a Jamie Lee Curtis qui troque son rôle de victime pour celui d'Apex prédatrice, et porte bien son rôle de survivaliste revancharde. N'étant pas un spécialiste du slasher, c'est un twist qui m'a paru original, et la confrontation entre le monstre et son ex-victime est la principale attraction du film. Le reste du casting est anecdotique : la fille est absente, le psy est prévisible, et les flics sont aveugles.
Le plus gros problème de "Halloween" (2018) est qu'il est largement prévisible. Et je vous jure que je suis le dernier à deviner les rebondissements d'un film, car 95% de mon cerveau s'éteint dès que je suis dans le noir, mais bordel, on voit tellement tout venir à des kilomètres que c'en est embarrassant.
Par ailleurs, si le film exploite bien son héritage pour faire monter la sauce dans le premier acte, il n'invente finalement pas grand-chose pour justifier son existence, et ce ne sont pas ses exécutions peu inventives qui le sauveront de l'oubli.