Curieusement Halloween 5 a son lot de soutiens. Ce n’est pas le cas de Halloween 6, rejoignant Resurrection (le 8) dans la fosse. Avec cette Malédiction de Michael Myers, nous partons dans la fantasmagorie, avec un club occulte et un ésotérisme malsain greffés autour de Michael, tenu pour l’outil d’une entreprise d’apprentis sorciers.

Le programme est donc alambiqué et racoleur, façon sequel de Saw. Entre mystères plus ou moins bidons, frousse ringarde, emphase presque onirique et excès sensationnels en avance de quelques années sur la mode l’horreur, Halloween 6 est confus. Cependant quelque chose dans sa dynamique donne le sentiment qu’il porte des ambitions précises, qu’il ne sait pas forcément s’exprimer.

Loomis nous le dit cash : il n’est pas mort, juste à la retraite. Cette retraite n’est pas une croisière tranquille : les meurtres n’ont jamais été si radicaux (sauf peut-être dans Halloween 2) et on atteint un haut degré de sadisme. De manière assez paradoxale, les rouages sont maîtrisés. Sauf que ça ne suffit plus : il faudrait du talent, une manière de ménager l’attente ou canaliser une montée d’angoisse. Le public sait comment aborder ces rouages et le rendez-vous en devient fatalement ennuyeux.

Dans ces décombres pompeux se forge l’opus crépusculaire. Il y a un charme discret dans ce spectacle, plus encore que dans le précédent. Pour apprécier de façon optimale Halloween 6, il faut admettre sa nature : celle d’un téléfilm baroque, à la mise en scène clean et sans aspérité, sensationnelle, mais sans style achevé, structuré. La photographie est une réussite, nous baignant dans des couleurs saturées, souvent orangées, autour de la secte.

Réalisé tardivement après le cinquième opus (1995, six ans d’écart), Halloween 6 marque la fin des prolongations loyales mais paumées. Quatre autres opus vont venir, qui vont réinventer la saga. À croire que tous les agendas sont synchrones, Donald Pleasance joue ici son avant-dernier rôle et ne verra donc jamais le résultat. Une certaine franchise Halloween meurt et on peut considérer les opus 4, 5 et 6 comme une trilogie à part (surtout dans les décors), plus axée granges miteuses, souterrains morbides et intérieurs sombres. Des beaux restes mâtinés de kitsch.


http://zogarok.wordpress.com/2014/10/31/la-saga-halloween/

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le 31 oct. 2014

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