Hamnet
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Hamnet

Film de Chloé Zhao (2025)

Hamnet est un récit centré sur le drame intime de la famille Shakespeare, une relecture romancée de la vie du célèbre dramaturge dont on ne sait finalement pas grand chose. Mais ici, l'histoire se vit avant tout à travers le regard de sa femme, Agnès, véritable cœur battant du film. Jessie Buckley y est tout simplement magnifique, offrant de grands moments de bravoure où elle laisse pleinement s'exprimer son art. Elle est l'âme du film et livre une véritable masterclass !


Dès les premières minutes, la menace plane. Une réplique résonne comme un avertissement : "Tout ce qu'on t'a donné, on peut te le reprendre". Elle infuse tout le film, dès le début, où la nature elle-même semble hostile. Les lents travellings extérieurs, accompagnés d'une musique énigmatique, installent une atmosphère presque surnaturelle : on sent qu'il va se passer quelque chose d'affreux, inévitable.


La photo du film épouse cette approche avec une lumière naturelle souvent basse, les intérieurs sont plongés dans une pénombre constante, comme si la maison elle-même portait déjà le poids de la tragédie, les cadrages eux-mêmes offrant peu de latitude, tout au plus quelques panoramiques latéraux dans la chambre des enfants. À l'inverse, les scènes en extérieur ne sont presque jamais apaisantes : la nature y apparaît instable, menaçante, et indifférente aux drames humains. Cette mise en scène accentue la sensation d'étouffement et fait monter progressivement la tension jusqu'au moment fatidique pour le petit Hamnet, magnifiquement interprété par le jeune Jacobi Jupe.


La dernière partie est déchirante, nourrie des émotions accumulées jusque-là. Rien n'est surligné, tout est ressenti, porté par la mise en scène de Zhao et par les interprétations bouleversantes de Jessie Buckley et Paul Mescal, qui achèvent de faire de ce final une expérience profondément émouvante.

Même si j’ai lu dans certaines critiques que la musique de Max Richter, et en particulier On The Nature of Daylight, est devenue un peu le cliché “tire-larmes” du cinéma, pour moi elle fonctionne encore à la perfection dans Hamnet. Ce n’est jamais forcé ni artificiel : chaque note s’inscrit avec justesse dans l’émotion. Quand elle éclot à l’écran, elle m’a touché jusqu’aux larmes, avec une évidence et une sincérité bouleversantes. Pour moi, c’est exactement ça, l’usage parfait de la musique au cinéma.


Hamnet me rappelle pourquoi j'aime aller au cinéma: pour vivre des émotions. C'est exactement ça: Pas seulement un récit ou une image parfaite, mais une expérience qui vous touche au cœur. Et pour moi, sentir cela, pleurer, frissonner ou sourire au cinéma, c'est bien là que réside sa magie.

Korleone
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le 26 janv. 2026

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