Hanna K.
6.1
Hanna K.

Film de Costa-Gavras (1983)

S’il fallait prouver que le conflit israélo-palestinien est une sacrée tourbière bien difficile à attaquer, Hanna K en serait un bel exemple. Costa-Gavras lui-même, celui qui n’a jamais eu peur de donner de la voix pour faire état de ses convictions, pour dénoncer toute sorte d’injustices, se casse en partie les dents sur le sujet. Est-il seulement possible de désembuer cette question qui ne semble avoir de réponse clairement énonçable, sans se risquer aux raccourcis, le cinéaste, à priori, ne trouve pas la solution miracle.


Il fait pourtant son maximum, multiplie les personnages qui sont autant de points de vue d’un climat d’extrême tension que Costa-Gavras ne peut, finalement, que se contenter de décrire, sans réellement s’aventurer dans un début d’explication.


Mais à force d’exposer la situation sans vraiment prendre parti, Hanna K donne l’impression de faire du surplace. Son intérêt touristique s’émousse au fur et à mesure que les minutes passent, le contexte politique finit par être relayé gentiment au second plan, à tel point qu’il faut compter sur une circoncision documentée par des gros plans comme ultime ressort dramatique : j’ai connu le bonhomme plus inspiré tout de même.


Pour le reste, il faut composer avec Hanna la garce, personnage antipathique, qui sous ses airs de femme fragile à la conscience pure s’amuse à pousser son entourage à bout, prenant bien soin de toujours conclure les débats par des yeux humides qui la placent en victime.


Plus que l’esquisse un peu brève du contexte politique dans lequel s’inscrit Hanna K, la vraie limite du film est ce personnage volatile peu intéressant, autour duquel naviguent à vue des bonhommes perdus qui n’ont rien d’autre à faire sinon jouer les faire valoir de Melle-Mme Kaufman-Herzog-Bonnet.


Sans être inintéressant parce qu’il y a toujours quelque chose à apprécier chez Costa-Gavras, ici sa manière de filmer Jérusalem et ses alentours notamment, Hanna K m’a laissé assez froid.


Par contre le dernier plan a quelque chose d’amusant qui dédramatise la situation, un chouette moyen, je trouve, de rendre l’antenne après avoir déroulé un propos casse-figure. De quoi finir la séance avec le sourire malgré la relative déception qu’elle m’a inspirée.

oso
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le 7 juin 2017

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