Woody cuvée 1986, on prend les mêmes et on recommence ? On pourrait penser à une suite directe de «Annie Hall » et « Manhattan » tant on a l’impression d’une variation sur le même thème, à savoir le couple et ses multiples vicissitudes. Mickey Sachs (Woody Allen) pourrait être un avatar d’Alvy Singer (« Annie Hall ») ou Isaac Davis (« Manhattan »). Il nous invite à nouveau à un chassé-croisé amoureux très «bergmanien » : Elliot (Michael Caine) est fou de Lee (Barbara Hershey), la sœur de Hannah (Mia Farrow), dont l’ex-mari, Mickey, trouve le bonheur auprès de la troisième sœur, Holly (Dianne Wiest). Névroses, usure du couple et frustration sexuelle sont au programme, sur fond de Manhattan bien sûr avec jolie visite des plus belles façades de l’île et promenade classique à Central Park automnal. Le film serait en réalité assez sombre s’il n’y avait Mickey et ses turpitudes, hypocondriaque en pleine quête existentielle, se découvrant miraculeusement bien portant au sortir du Mount Sinai Hospital, après s’être cru atteint d’une tumeur au cerveau, Woody se considère plus que jamais mortel et cherche des réponses à ses angoisses dans la religion.
Et le voilà voulant d’abord se convertir au catholicisme (à la consternation de ses parents : « Quand on est mort, on est mort ! » lui dit son père) puis…à hare khrishna, mais il ne se voit pas chanter et danser en robe dans les aéroports !!! C’est lui qui nous offre des moments désopilants et irrésistibles quand il se rend avec Holly dans un club pour assister à un concert punk ! Oui, oui, du jamais vu dans son œuvre ! Totalement dégoûté par ce qu’il entend, il hurle à Holly : « J’ai peur. A la fin, ils vont prendre des otages ! »😁 . Désespéré, il tente même de se suicider avec un fusil mais qui glisse sur sa tempe tellement il transpire. La balle finit dans le miroir accroché au mur 🤣 . Au final, une comédie noire malgré la fin heureuse (temporaire ?), réflexion métaphysique toute « allenienne » sur la vie, la mort, l’amour, le sexe, la famille…Encore une vraie réussite mais qui ne réconciliera pas le réalisateur avec ses détracteurs qui l’accusent de nombrilisme.