À l’image de l’entreprise poursuive par son scientifique, The Haunting étudie la peur en égarant plusieurs personnages dans un manoir hanté, sonde les réactions suscitées par une montée progressive en tension que transcrivent à merveille les trois qualités principales, sinon essentielles, d’une production dépourvue d’âme : les décors extérieurs du Harlaxton Manoret et intérieurs, avec son gothique mutant proche du style de Hans Giger et sa monumentalité dans laquelle convergent les angelots sculptés et la Porte de l’Enfer d’Auguste Rodin ; les effets numériques, saisissants, supervisés par Phil Tippett ; la partition somptueuse de Jerry Goldsmith, qui contribue grandement à l’harmonie d’ensemble.
Seconde adaptation du roman de Shirley Jackson, le présent long métrage constitue l’exact inverse de la version inaugurale de Robert Wise, sortie en 1963 : là où ce dernier suscitait la peur avec un minimum d’effets, le premier déborde de transformations, d’attaques peu crédibles durant lesquelles l’explosion de sons et la débauche de trouvailles numériques compense l’interprétation pâlotte des comédiens, visiblement peu convaincus par le scénario, et desservis par des dialogues lourds en explications. Notons enfin que ce The Haunting contient nombre d’idées que nous retrouverons, quelques années plus tard, dans les deux premiers opus de la saga Harry Potter, des inscriptions sur le mur principal à partir de sang au nom de Dudley, sans oublier les statues mobiles et autres portraits fixant les hôtes du regard… Une source d’inspiration ?