Happy Hour
7.7
Happy Hour

Film de Ryusuke Hamaguchi (2015)

Des conversations passionnantes dans un monde sans chaleur

Je cherchais un film japonais qui laisse de la place aux sentiments, aux émotions adultes, aux relations humaines, mais aussi à une certaine douceur ou une forme d’espoir. De ce point de vue, Happy Hour m’a beaucoup surpris. J’ai trouvé les dialogues souvent très intéressants, parfois même passionnants, notamment sur les relations, le couple, la solitude, la difficulté à communiquer ou à être sincère avec les autres et avec soi-même. Pour quelqu’un qui apprend le japonais, le film est aussi très agréable à suivre : les conversations sont relativement claires, lentes, naturelles, et laissent le temps d’écouter la langue.


En revanche, émotionnellement, le film ne m’a pas du tout parlé de la manière que j’espérais. J’ai eu l’impression que quasiment tous les personnages étaient vides, déprimés ou coupés d’eux-mêmes. Même dans les moments censés être intimes, les couples semblent extrêmement distants : presque aucun contact physique, très peu de chaleur, peu de spontanéité, comme si tout le monde vivait sous anesthésie émotionnelle. Je veux bien croire qu’il existe au Japon une certaine retenue ou pudeur dans les relations, mais ici j’ai eu le sentiment que cette réserve était poussée à un point presque irréel. À plusieurs moments, les personnages m’ont donné l’impression d’être "sous formol", ou de fonctionner comme des robots polis incapables de réellement vivre leurs émotions.


Le film m’a aussi frustré par son côté très pessimiste. Presque chaque discussion finit mal, chaque relation semble vouée à l’échec, et tout le monde paraît perdu en même temps. J’ai trouvé cela excessif et peu nuancé. Dans la vraie vie, même quand les gens traversent des crises, il y a aussi de la légèreté, de l’humour, des moments de complicité ou simplement des personnes qui vont mieux que d’autres et soutiennent le groupe. Ici, j’ai eu l’impression que le film s’enfermait volontairement dans une spirale de malaise émotionnel permanent.


Je comprends pourquoi certains spectateurs adorent ce film : il y a un vrai travail d’observation psychologique, une volonté de réalisme et des scènes très fortes. Mais personnellement, malgré quelques passages touchants et certaines réflexions pertinentes, je suis resté extérieur émotionnellement. Le film dure plus de cinq heures, aborde énormément de sujets, mais au final j’ai eu le sentiment qu’il n’en tirait pas vraiment de conclusion ou de perspective humaine positive. J’aime les œuvres qui, même lorsqu’elles parlent de souffrance ou de solitude, laissent au moins une petite ouverture vers la lumière, l’espoir ou la reconstruction. Ici, cette lumière m’a manqué presque du début à la fin.

Quezako
5
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le 20 mai 2026

Modifiée

le 20 mai 2026

Critique lue 16 fois

Quezako

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