Ce qui m'intéressait avec Happy Old Year, hormis le fait que c'était un film thaïlandais et que je n'en avais encore jamais vu, c'était son concept.
Le minimalisme est à la mode parce que c'est à la fois écolo et relativement économique. Mais on ne montre pas vraiment l'entreprise que ça représente, le fait de vider une baraque, et en l’occurrence pour Jean ici, notre protagoniste, les souvenirs que ça va faire remonter à la surface, les engueulades et les liens que ça va créer de nouveau ou pas.
Parce que Jean quand elle veut changer de mode de vie, elle fait en sorte de ne pas être égoïste. Si tu lui as prêté un truc y'a 10 ans et que t'as oublié de lui réclamer, elle viendra te le rendre. Ce côté psychologique est plutôt fascinant mais son traitement l'est beaucoup moins. Le film est tout en lenteur mais ne développe pas toujours un propos et s'avère parfois redondant. Il y a des scènes fortes mais elles sont entrecoupées par d'autres où le personnage revit la même chose que dans une scène précédente (les souvenirs qui reviennent) ou juste la pauvre nana qui pleure en plus ou moins gros plan.
En soi c'est quand même pas un film dégueu du tout. Le ratio choisi est plutôt inhabituel et permet de faire des gros plans sur les visages plutôt marquants, les couleurs sont froides et la musique est tantôt très conventionnelle, tantôt déconcertante. En bref, ça fait un peu voyager, on voit quelque chose de différent de ce qu'on a l'habitude de voir, mais ça aurait gagné à être un peu plus concis.