"Harbin marque le retour de Woo Min-ho dans le cinéma d’espionnage et d’histoire. À travers l’assassinat emblématique d’Itō Hirobumi par le militant indépendantiste coréen Ahn Jung-geun, le réalisateur nous plonge dans les tensions et les enjeux de la Corée en 1909, entre colonisation japonaise et résistance nationale. Entre reconstitutions soignées, paysages glacés et suspense politique, Harbin promet un voyage immersif dans un moment clé de l’histoire coréenne."
"Le film se concentre plus précisément sur l’opération qui a permis au militant indépendantiste coréen Ahn Jung-geun d’assassiner Itō Hirobumi, gouverneur de Corée pour le compte du Japon, à la gare de Harbin, en pleine Manchourie hivernale. Cette séquence, à la fois dramatique et minutieusement reconstituée, constitue le cœur du film et illustre la tension extrême d’un acte historique porté par des convictions profondes. Woo Min-ho souligne avec soin l’héritage patriotique de l’action de Ahn, non de manière grandiloquente, mais en montrant l’homme derrière le geste : un individu soumis à la pression de l’histoire, conscient de la portée symbolique de son choix."
"Parallèlement, le récit développe une sous-intrigue subtile autour de la trahison et d’une seconde chance, qui agit comme un miroir du peuple coréen en quête de son identité propre. L’officier japonais que Ahn a épargné au début du film devient son poursuivant acharné, et la relation entre les deux personnages crée un écho moral fascinant : Ahn est confronté à une forme de justice et de revanche personnelle qui reflète la dualité de son engagement patriotique. Cette tension parallèle enrichit le récit, car elle illustre que les choix individuels ont des répercussions, tout en donnant au spectateur un repère psychologique et émotionnel qui dynamise le suspense."
"Pour autant, Harbin ne rivalise pas toujours avec les sommets de la filmographie de Woo Min-ho. Le rythme est parfois laborieux, certaines scènes secondaires s’étirent inutilement, et plusieurs personnages manquent de profondeur, ce qui réduit l’impact émotionnel du récit. La narration reste par moments trop linéaire, privant le suspense de certaines respirations dramatiques qui auraient pu renforcer l’intensité, à la manière de L’Homme du Président. On aurait aimé que certaines séquences d’espionnage soient encore plus tendues ou plus audacieuses pour faire pleinement ressentir la dangerosité de la mission historique."
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