Hardware
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Hardware

Film de Richard Stanley (1990)

This is what you want...This is what you get!

Hardware est le premier long métrage du Sud-Africain Richard Stanley, précédemment réalisateur de quelques court-métrages et d'un documentaire sur de la Guerre Russo-Afghane en 1988 (Voice of the moon), ainsi que de quelques vidéo-clips pour Public Image Ltd et Fields of Nephilim, entre autres.


Son film nous entraine dans un monde post-Apocalyptique glauque, où l'atmosphère irradiée et l'avancement global du désert (après assèchement total des océans) condamnent les plus faibles à mourir.


Dans cet univers infernal -où les valeurs humaines fondamentales ont disparues- le seul moyen valable de gagner quelque argent, est le troc.


Le film débute donc dans le désert, où un pillard collectant toutes choses pouvant servir de monnaies d'échanges, y découvre un robot en pièces détachées et décide de le rapporter pour le vendre à Alvy, un brocanteur.


Au même moment, Mo (Dylan Mc Dermott) -un militaire revenant après une longue absence- se trouve dans la boutique d**'Alvy et profitant d'une courte absence du revendeur, achète au pillard le crâne et une main du robot, en vue de l'offrir à sa petite amie **Jill (Stacey Travis, ayant un faux-air de Hugo Weaving...), une artiste.


Ne sachant pas d'abord à quoi il a affaire, Mo demande à Alvy de faire quelques recherches. Celui-ci découvrira que c'est les reste d'un Mark-13 (cyborg militaire crée pour éradiquer la population humaine contaminée), et que celui-ci est capable de s'auto-réparer avec tout ce qui lui tombera sous la main.


Entre-temps, Mo rejoint l'appartement de Jill et après un accueil glacial dû à sa longue absence, il saura se faire pardonner en lui offrant les restes du cyborg.


Pendant que celle-ci dort, le Mark 13 commence à se fabriquer un corps fait de bric et de broc, puis commence à accomplir sa mission d'extermination dans l'appartement de Jill....


Basé officieusement sur la nouvelle "Shock" (parue dans 2000 a.d), Hardware sortira en Octobre 90 au Royaume-Uni.
Suite à cela, la production fut poursuivie pour plagiat par les créateurs de ladite nouvelle "Shock" et dut s'acquitter de rajouter le crédit générique "based on a short story by..."pour les éditions vidéos ultérieures.


Produit (entre autre) par la toute jeune entité des frères Weinstein (Miramax), ce coup d'essai de Stanley fit grincer les dents de plusieurs organismes de censure, à travers le monde. et écopa de nombreuses interdictions pour "extrême violence et contenu sexuel explicite".


Concernant le casting, le premier choix de Richard Stanley pour interpréter Mo n'était autre que Bill Paxton (Aliens, Titanic).
Mais les producteurs ne semblant pas le connaitre, ils y opposèrent rapidement leurs vétos.
Dépité, Paxton se réfugia sur le tournage de Navy Seals...


Quant au personnage de Shades (l'ami de Mo), il était destiné au départ à Jeffrey Combs (Re-Animator), mais le syndicat des acteurs Britanniques refusa, arguant du fait qu'il ne devait y avoir que seulement deux acteurs américains sur ce tournage, ayant lieu à Londres.
P
our la représentation visuelle du Mark-13, Stanley avait dans l'optique de le réaliser en stop-motion, mais le manque de budget l'incita à se servir d'un modèle grandeur nature.
Ce qui est en fin de compte, un bien pour le film en tant que tel.


Petit film ambitieux réalisé avec très peu de moyens, Hardware est un enchainement de situations étranges, peuplé de personnages décalés ( le brocanteur, le pervers sexuel, l'adepte de drogues) dans un climat de malaise.
Avec une certaine inventivité, Stanley livre une œuvre atypique et assez repoussante au premier abord.
La photographie nimbée d'un filtre rouge, déforme la réalité, tandis que certains décors et accessoires renvoient un clin d’œil au design rétro futuriste de Blade Runner, entre autres...


Stanley nous livre quelques images cadrées d'une manière peu orthodoxe (surtout celles concernant le POV du Mark 13) et réussi peu ou prou à se débrouiller avec les faibles moyens à sa dispositions.
Mais le tout est assez cohérent pour que l'on puisse passer un moment "out-of-this-world" plutôt intriguant.


Baignant dans une B.O aux sonorités étranges de Simon Boswell (The Crying Game), le film se permet les caméos de Lemmy (Motorhead) ainsi que de celui d'Iggy Pop (apparition uniquement vocale,).
A savoir aussi que la chanson finale "This is what you want...This is what you get!" est un morceau de Public Image Ltd, un groupe formé par Johnny Rotten, ex Sex Pistols.


A noter que Stanley avait écrit les grandes lignes d'une éventuelle suite, qui aurait été bien différente de celle-ci.
Il prévoyait de faire une sorte de western post-apo, mais les ayants-droits du film étant trop nombreux, ce projet fut tué dans l’œuf.
Ce qui donna peut-être naissance à son film suivant, The Dust Devil..

The-Lizard-King

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