Le genre de film programmatique, on sait à l'avance ce qu'on va voir et comment l'histoire va se terminer. Les spectateurs les plus exigeants trouveront donc peu d'intérêt à cette comédie vaguement dramatique, au scénario attendu et au propos convenu.
Néanmoins, la présence de deux comédiennes de talent, à savoir la doyenne Nathalie Baye et la jeunette Lyna Khoudri, permet de rendre l'ensemble plutôt agréable si l'on est d'humeur propice à ce genre de divertissement gentillet.
On a droit à l'éternelle opposition entre deux figures prétendument antagoniste : une jeune beurette des cités va se trouver confrontée à une couturière juive sur le point de prendre sa retraite de la maison Dior. Caricaturale mais bien fichue, la scène d'ouverture (qui permet la rencontre des deux femmes dans le métro) est à l'image du film dans sa globalité.
La réalisatrice Sylvie Ohayon fait preuve d'assez de savoir-faire pour proposer un spectacle sympathique, à défaut d'être novateur ou percutant. On constate des progrès par rapport à son premier long-métrage ("Papa Was Not a Rolling Stone"), touchant à certains égards mais très brouillon et inégal.
Elle-même issue d'un quartier difficile, cette ancienne cadre dans la publicité n'a pas un profil de cinéaste (la mise en scène de "Haute Couture" reste illustrative) mais sait de quoi elle parle, de sorte que le film dégage une certaine authenticité.
On découvre ainsi le travail au quotidien des petites mains d'un atelier de haute couture, à travers certains gestes transmis de génération en génération. A travers sa composition très juste, la comédienne Pascale Arbillot met en lumière ce savoir-faire féminin, rendant justice à ces métiers de l'ombre.
On regrettera quand même la portion congrue réservée à l'humour, et quelques maladresses tirant parfois le film vers le bas.