Cela commence par des plans très lumineux, avec des ralentis sur des tirs au basket, une image d'épinal, sur la musique d'Aaron Copland (crédité au générique), qui partage l'affiche musicale avec Public Enemy.
Mais la photographie du film se fera ensuite bien plus obscure, une photographie qui vient parasiter le rêve de Jesus, un jeune espoir du basketball, qui découvre un monde de magouilles où chacun veut tirer la couverture à lui.
C'est aussi l'histoire de Jake, son père, joué par un Denzel Washington volontiers odieux. Il est en prison, on en comprend assez vite la raison, mais le gouverneur fan de basket lui propose une remise de peine s'il peut persuader son fils de s'inscrire à l'université de son choix, pour en faire profiter son talent de basketteur.
C'est donc l'histoire d'une relation père-fils, une relation houleuse. On comprend assez vite pourquoi, mais Spike Lee manipule le spectateur en distillant au compte-goutte ses informations, nous laissant dans un premier temps compléter les blancs.
Et c'est l'histoire de ce jeune homme, pressé de partout, traité comme une vache à lait, mais qui ne s'en laisse pas compter. Mais quand tout le monde veut sa part du gâteau, difficile de garder la tête froide et de résister à tout.
He Got game se présente plus comme un mélodrame que comme un film sportif.
C'est sans doute une limite, mais cela lui laisse une marge appréciable dont il arrive à sortir quelques originalités. Car les films sur le sport font partie de ceux qui sont codifiés au point qu'en faire quelque chose de différent n'est pas forcément évident.