Le film suivant est Hellions du canadien Bruce McDonald, qui avait réalisé le très bon Pontypool en 2008. Le film est un home invasion dans lequel une jeune teenager, qui vient d’apprendre qu’elle est enceinte, essaye d’échapper à ses assaillants, une bande d’enfants déguisés plus que démoniaques. Le plan d’ouverture, mystérieux et tendu, annonce un long-métrage intéressant. Quelle déception quand le film (qui se passe le soir d’une lune de sang) sombre peu à peu dans un univers fantasmagorique (en gros, des filtres de couleur) avec une photographie hideuse, inconstante entre chaque plan, allant du rose au orange. L’écriture devient très vite brouillon, et on sait plus trop où Bruce McDonald veut nous emmener. On a en plus l’impression qu’il aligne tout les clichés des films d’horreur des années 80, du bonhomme fondu par terre, à la séquence interminable, avec un montage horrible (sorte de superposition de bout de plans déconstruisant le visage de la protagoniste) où elle se perd dans des draps qui sèchent dans le jardin. La dernière partie du film à l’air d’être en roue libre, et des lamas au citrouilles qui explosent, on ne sait plus où donner de la tête. Quelques gags présents dans le film sauve un peu les meubles, avant de retomber dans un discours ambigu, réactionnaire et sexiste sur les dangers du sexe avant l’âge adulte… Le film est donc un plantage maladroit, aussi bien au niveau du fond que de la forme, et Mathieu, hilare et exaspéré pendant tout le long métrage, s’en souviendra pendant longtemps !
Tiré du journal du festival de Sitges 2015 : lire l'article entier sur mon blog...