En cette période d'Halloween qui voit fleurir quantité de films DTV opportunistes, réalisés bien souvent par des tâcherons sans personnalité qui enchaînent les étrons à petits budgets aux jaquettes racoleuses et mensongères tentant de singer les blockbusters de l'horreur, il est bon de découvrir un petit film comme Hellions.
Son affiche ne casse pas trois pattes à un canard, son synopsis tournant autour d'une teenager enceinte ne semble guère engageant, le casting d'inconnus et la présence du (presque) has been Robert Patrick dans un second rôle n'inspirent pas confiance, on en vient donc logiquement à se demander pourquoi on laisserait sa chance à ce DTV plutôt qu'à un autre.
Alors certes, le réalisateur Bruce McDonald est aussi celui de Pontypool, petite surprise auréolée en son temps de critiques élogieuses par la presse spécialisée. Mais passé l'effet de surprise et son concept novateur, Pontypool présentait tout de même un fâcheux manque de rythme, s'avérait relativement pauvre en péripéties et ne laissait pas un souvenir impérissable (la preuve: on ne s'en souvient plus).
Hellions n'est certainement pas non plus un chef d'œuvre inoubliable. Mais si contrairement à Pontypool il ne présente pas un concept inédit et malin, il a le mérite d'être rythmé, généreux en action et bardé de rebondissements.
Alors certes, c'est de la série B. Mais c'est de la série B à l'ancienne réalisée avec étonnamment peu d'effets numériques, et dépourvue de la plupart des tics de réalisation (au hasard: les jump scare) qu'on a l'impression de voir déclinés à l'infini dans toutes les récentes productions du genre. Les images sont belles, l'atmosphère de cauchemar sans fin très 90's dans laquelle le film baigne est réussie et les créatures démoniaques qui pourchassent l'héroïne semblent tout droit sorties d'un album photo de fête d'Halloween glauque et angoissante des années 40.
Au niveau du cast, l'actrice principale sur qui on n'aurait au départ pas misé un kopeck s'avère tout à fait compétente, et même Robert Patrick fait son job et demeure crédible.
Alors qu'on a récemment vu une daube aussi impersonnelle et mal foutue que Ouija atteindre nos salles obscures, il est dommage de voir une chouette péloche d'horreur comme Hellions échouer directement sur petit écran, même si elle aurait eu tout à fait sa place dans nos magnétoscope un soir d'halloween des années 80 ou 90. Ne boudez pas votre plaisir, si vous cherchez un petit film d'horreur efficace à mater un soir d'octobre au coin du feu, jetez vous sur Hellions. A moins, bien-sûr, que vous n'attendiez un bébé.