Sooner
Here
6.7
Here

Film de Bas Devos (2023)

Voir le film

Here, quatrième long-métrage de Bas Devos, adopte dès son incipit - essentiellement composé de plans fixes morcelant l’architecture bruxelloise - la langueur naturelle des débuts d’été, ce gouffre existentiel qui vient avec la fin du travail, l’oisiveté et les journées désormais consacrées au seul mouvement de la pensée. Pour Stefan, ouvrier roumain travaillant dans le BTP, comme pour Shuxiu, jeune universitaire d’origine chinoise, férue de mousses et de végétations, le temps a comme disparu. On regarde passer les trains, on cultive son jardin, on fait de la soupe pour les copains. Le temps d’une longue marche, les deux personnages se reconnaissent, réunis par l’exil et par une même soif d’être au monde, ici et maintenant, le plus simplement, le plus matériellement possible. Bas Devos capte chaque frémissement infinitésimal de la pellicule comme un événement majeur et accepte la stase comme le surplace, donnant à son film une forme de sérénité absolue, sans jamais céder à la sensiblerie.

CDDexe
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2024

Créée

le 15 janv. 2026

Critique lue 11 fois

CDD.exe

Écrit par

Critique lue 11 fois

D'autres avis sur Here

Here

Here

6

Cinephile-doux

le 18 janv. 2024

Suivre

Autour d'une petite mousse

Quand une bryologiste d'origine chinoise et un ouvrier en bâtiment roumain se rencontrent à Bruxelles, autour d'une petite mousse (de forêt, rien à voir avec la bière), ils n'ont pas besoin de...

Here

Here

5

Mr_Purple

le 13 juil. 2024

Suivre

avec ou sans mousse

« Here » a pour lui de bonnes intuitions picturales et sensorielles : une captation saisissante du son réel, un vrai sens de la composition, de la colorimétrie, qui fait habilement cohabiter le terne...

Here

Here

6

asmarties

le 10 juil. 2024

Suivre

On s'emmerde profondément mais au fond, pourquoi pas ?

Ce film est l'épitome de la lenteur et ne laisse que deux choix aux spectateur·ices : (1) soit se braquer, etre frustré pendant les 80 minutes qu'il dure, et finir par quitter la salle ou (2)...

Du même critique

La Captive

La Captive

9

CDDexe

le 18 mai 2015

Suivre

L'origine du monde

La Prisonnière, passant du livre à la pellicule, est devenue Captive. Et si certains films étouffent de leur héritage littéraire, Chantal Akerman a su restituer et utiliser la puissance évocatrice...

Nocturama

Nocturama

5

CDDexe

le 16 juil. 2016

Suivre

Comme d'habitude

Entre les rames, quelque chose se trame. La marche semble aléatoire, la démarche beaucoup moins : en silence, des jeunes s’infiltrent dans le métro parisien, déambulent le visage grave et décidé, ...

Sophia Antipolis

Sophia Antipolis

7

CDDexe

le 6 nov. 2018

Suivre

Terres brûlées

Après le paradis consumériste d’Andorre (2013) et les tours jumelles de Mercuriales (2014), la caméra de Virgile Vernier scrute un nouveau front pionnier, Sophia Antipolis, technopole en forme...