Here, quatrième long-métrage de Bas Devos, adopte dès son incipit - essentiellement composé de plans fixes morcelant l’architecture bruxelloise - la langueur naturelle des débuts d’été, ce gouffre existentiel qui vient avec la fin du travail, l’oisiveté et les journées désormais consacrées au seul mouvement de la pensée. Pour Stefan, ouvrier roumain travaillant dans le BTP, comme pour Shuxiu, jeune universitaire d’origine chinoise, férue de mousses et de végétations, le temps a comme disparu. On regarde passer les trains, on cultive son jardin, on fait de la soupe pour les copains. Le temps d’une longue marche, les deux personnages se reconnaissent, réunis par l’exil et par une même soif d’être au monde, ici et maintenant, le plus simplement, le plus matériellement possible. Bas Devos capte chaque frémissement infinitésimal de la pellicule comme un événement majeur et accepte la stase comme le surplace, donnant à son film une forme de sérénité absolue, sans jamais céder à la sensiblerie.