Cédric Jimenez n’a pas choisi la facilité en restituant l’ascension de Reinhard Heydrich monstre exterminateur et redoutable chef de la Gestapo que même Hitler craignait. Le réalisateur remporte son challenge haut la main, malgré quelques effets de mise en scène trop appuyés, un grand film de guerre. Et comme les classiques du genre, il conjugue l’action et le suspense, avec une réflexion sur l’héroïsme et la nature humaine, tout en œuvrant pour la mémoire. Sur le plan historique, sa narration, où l’horreur va crescendo, démontre bien comment la frustration (Heydrich fut à ses débuts limogé de l’armée) a produit les dirigeants nazis les plus dangereux. L’interprétation de Jason Clarke, glaçant en tueur méthodique, et l’engament des jeunes résistants qui organisèrent son assassinat, à Prague en mai 1942. L’exercice est ardu, audacieux : un rien casse-gueule ?