Il y a quelque chose de rohmérien dans Hide and Seek, certainement ce choix de mettre en scène une classe sociale friquée mais tourmentée qui s’efforce, en quittant la société de ses pairs, de méditer sur l’amour et recouvrer ce lien primordial qui unissait jadis l’homme à la nature, l’homme à sa nature. Les scènes les plus réussies sont celles qui captent les corps emmêlés dans un désir sensuel qu’aucun sentiment d’appartenance ou de jalousie ne vient perturber, une alchimie et fusion des corps dans un décor propice à la liberté. L’irruption d’un tiers étranger casse d’ailleurs la dynamique et transforme l’espace de la maison en huis clos dans lequel il ne fait plus bon s’étreindre.
Néanmoins, et c’est là la principale limite du film, l’écriture des dialogues s’avère des plus convenues, et le montage chichiteux à grand renfort de flashbacks pompeux est en désaccord, sinon en conflit, avec la simplicité recherchée par les personnages. Personnages plutôt bien interprétés et attachants, mais qui ne suffisent pas à embarquer le spectateur dans leurs aventures libertines. Il manque ici une force de réalisation et une force de ton qui, seules, auraient évité les répétitions et incarné cette fuite non comme une échappée mais comme une révolte à l’encontre des mœurs contemporaines et de l’immobilisme nauséabond qu’elles imposent au désir.