Bon, on va y aller direct : c'est vraiment pas bien.
(au fait c'est écrit à chaud en moins de 5min, ne vous attendez pas à un essai d'Oxford)
Y aurait 1000 raisons, dialogues, choix de montage etc pour justifier le fiasco. Limite peu importe, ce qui m'intéresse, c'est pourquoi ? Je me pose la question, que tu lis et te poses peut être aussi. Je fais une tentative, une sorte de réponse, plus pour moi que pour les autres mais si elle peut servir, tant mieux. Je veux surtout m'éviter de redonner une chance à ce film, qui serait = à perdre mon temps.
Je crois que notre cher ami Spike a potentiellement raconté tout ce qu'il voulait raconter ; et qu'il n'est plus inspiré. Pire, il ne s'en rend même pas compte. Pire du pire, comme King, il se voit en génie incompris.
En vrai, ça me fait de la peine pour lui. Oui. Quand on voit les chefs d'oeuvre qu'il a pondus... on se dit qu'il est loin ce talentueux réalisateur fougueux et révolté.
Et là encore, pourquoi ? Simple, la faute au producteur, la plateforme. Sûrement que les grands réals ont des cartes blanches ou cartes joker pour faire leur film à leur manière, sans que l'on remette en question le projet. Moins de ligne éditoriale qu'avec un producteur plus classique, de cinéma.
Ici, on dirait que Spike opéré comme Coppola avec son 'Méga-propolis'. ''Vas y, gros budget, éclate toi''. Sauf que non. Ces deux films ont le point commun d'être des sortes de testament, ou le film qu'il laisserait les extra terrestres visionner lors de leur débarquement sur Terre. Ils repartiraient aussitôt.
Mister Lee se prend pour Shakespeare. Tout est lourd, attendu, pas fin pour un kopek, et ''ne pèse pas propre poids en eau de chiotte'' (c'est pas de moi, j'adore, je la place autant que je peux).
Denzel est en roue libre non stop. J'avais envie de l'appeler ''The Tranquelizer'' ; parce qu'il se la joue trop cool, continue de faire ses double take, ses mimiques à balle etc. Jeffrey Wright, que j'adore, cabotine au possible, même lui n'y croit pas ; je le sais il m'a appelé. À part le chef de l'enquête qui joue sobre, aucun n'est à sauver. Sauf que ce même chef se voit affubler d'un plan typique à la Spike Lee, assis sur un travelling qui avance ; et je crois que cette marque de fabrique, résume à elle seule le statut du film : en décalage avec son temps. Comme l'est le personnage de Denzel. Et comme l'est Spike Lee avec le Cinéma, les plateformes, le cinéma sur les plateformes (Tiktok et cie).
Il nous ressert toutes ces bonnes sauces qui ont fonctionné par le passé ; il insiste pour faire de New York un personnage, mais cette fois ci, la mayonnaise ne prend pas. On dirait qu'il est à court d'idées - et ce à tous les niveaux : mise en scène, dialogue, montage, etc.
On pourrait facilement enlever 45min du film (dès que j'ai le temps de remonte et re exporte le film).
Et il faut croire que Spike pense être dans le coup, tendance, avec un projet frais (même si c'est un remake), dans l'air du temps, des réseaux, des plateforme.
Finalement, je crois qu'il parle de lui surtout, mais mal. Le personnage de King, c'est Spike Lee. Le temps a défilé, Spike n'a pas su rester au même niveau qu'avant, est dépassé, perdu, sans inspiration.
Un jour, j'ai lu un.e critique qui disait qqch du genre ''quand je vais voir Scorsese au cinéma, je ne vais pas voir son prochain chef d'oeuvre, je vais juste voir où il en est, comme si je revoyais un ancien ami que je n'avais pas vu depuis longtemps'' ; c'était mieux dit, mais c'est l'idée, et je la partage.
Où en est donc Spike. Sur ce film, il a clairement perdu son modjo, sa magie, son talent. Il a aussi sûrement eu trop d'argent, ce qui l'a empêché de se poser les bonnes questions, mais la conforter en se faisant kiffer. Après tout et après une aussi longue carrière, il a le droit. Mais on est en droit d'être sacrément déçu.
J'espère, pour mes mirettes, qu'il saura retrouver l'inspiration, ne pas se parodier, mais se réinventer sur son prochain film, qui peut être comme jadis, deviendra une oeuvre.
PS : je pensais écrire tout l'article en référence à mon titre choisi, j'ai zappé, j'ajoute juste que : mais cette scène à l'hosto avec les flics !!!! (alors que l'indice de la chanson est amené bien avant et que personne réagit), c'est quand même là aussi du grand n'importe quoi en terme de non crédibilité.
Allez, vraie fin :
Malheureusement King a des oreilles et malheureusement on a des yeux.