IT’S BETTER TO BURN OUT THAN TO FADE AWAY!

La nostalgie ne me dit rien qui vaille.


Autant vivre au présent.


Quoique, survivre à l'existence mérite respect, considération et bienveillance. On aurait tort de laisser pour contre l’expérience d’une vie, la sienne comme celles des autres.


De fait, la plupart trouve en leur passé un refuge rassurant. Une sorte de bunker militarisé à même une île assujettie aux reflets et réflexions des dictateurs qui les dirigent. Ce que nous sommes tous, à notre façon, chacun en état-major de notre raison, contre l’envahisseur et prompt à l’envahissement. Tous armés de principes blindés, d’escadrons de jugements, infanterie de comparaisons en renfort.


Bien entendu, on tend au paradis all inclusive, entassant en nos lieux Chat de Chester, Lièvre de Mars, Chapelier fou et Reine de cœur. Toutefois, l’effet grossissant de nos rétroviseurs respectifs n’est qu’un leurre, une marelle sur laquelle on s’égare entre ciel et terre, au gré de nos cailloux respectifs.


Épris de l’autre côté du miroir, il a tôt fait d’en rester qu’un, on n’y subsiste qu’à peine.


Une toute autre sagesse oblige à accorder au présent la saine attention qu’il mérite puisque, par la force des choses, la logique distant le passé à la mesure du lendemain.


Là où, fort heureusement…


Il est toujours possible de faire mieux.


—-


“I am Connor MacLeod of the Clan MacLeod. I was born in 1518 in the village of Glenfinnan on the shores of Loch Shiel. And I am immortal.” - Connor MacLeod



Au royaume du film passable…


Highlander est un cas à part.


Sorti en 1986, le récit qu’il met en scène s’est taillé, avec le temps, une place dans l’inconscient collectif. Si bien qu’aujourd’hui, il n’est pas nécessaire de l’avoir vu pour en connaître les tenants et aboutissants.


Ironiquement, alors que, The Dictator de Charlie Chaplin, autrement déterminant, tend à perdre sa consécration, le Clan MacLeod, lui, perdure, saillant dans les mémoires.


Si bien que, quarante ans plus tard, certains entendent capitaliser sur son remake. Déportée du contexte particulier qui lui confère ses lettres de noblesse, considérant que c’est l’avènement du vidéoclip à titre de langage cinématographique qui fait de la création de Russell Mulcahy (Razorback) une pièce muséale… La gageure est fanfaronne.


Figure marquante de MTV, le réalisateur aura aligné les bons éléments au juste moment pour ainsi contenter l’horizon d’attente. Un coup de chance improbable que tend à prouver moult tentatives de continuités ayant sombré une à une dans le médiocre, pour s’étioler dans un oubli salutaire.


Départis de ses atouts temporels, la qualité ne saurait y être et l'attachement que l’on manifeste pour pareille œuvre appartient à la nostalgie à part entière.


La défendre rubis sur l’ongle…


N’en ferra jamais un chef-d'œuvre.


—-


“Je suis tout ce que j'ai rencontré.” - Edgar Morin, sociologue français


—-


Highlander a pris l’affiche…


Alors que j’avais dix-huit ans.


Le film m’a profondément marqué puis accompagné une vie durant. Aujourd’hui, savoir aidant, je conçois mieux l’impertinence de mes souvenirs.


Pourtant, je persiste à en user la bobine depuis quarante ans, alors que le titre ne figure en rien au sommet de mes recommandations. Le phénomène offre l’évidence du fossé qui divise l’excellence cinématographique de nos préférences.


Car, ne nous en déplaise, l'appréciation personnelle n’a de fait, que peu de liens avec les qualités véritables de quoique ce soit.


S’éprendre d'une œuvre, s’y reconnaître, la chérir et son contraire est une chose. Le droit d’en faire mention dans le respect de l’opinion des autres en est une autre. Or, même si on tend à se convaincre du contraire, selon les contenus, l’époque de leur création et de leur diffusion… Ce que chacun d’entre nous prétend d'un film n’est en fait qu’un point de vue gorgé de subjectivité, allègrement enduit de désoeuvrantes susceptibilités.


Et, si, en amont de l'excellence, nos réalités confortent la rentabilité de toute production à sa sortie, elle n’en n’est que plus superficielle et inutile d’un point de vue cinématographique.


Car, la véritable cote attribuable à une œuvre dépend de tout autre chose. Vaguement chiante, elle se rapporte aux valeurs philosophiques, psychosociales et techniques dont témoigne le cinéma. Elle est ni plus ni moins liée aux récompenses célébrées à même les plus prestigieux festivals dédiés au 7e art… Là où l’opinion publique ne fait pas écho.


Là où Highlander ne reçut que deux nominations.


Qu’il ne remporta sous aucun égard.


—-


“You are generations being born and dying. You are at one with all living things. Each man's thoughts and dreams are yours to know. You have power beyond imagination.” - Ramirez


—-


J’ai revu Highlander en compagnie de mon fils de quinze ans…


Le film ne lui a pas fait forte impression.


Sa réaction résume en soit ce que j’en dis. Toutefois, nostalgie oblige, une part de moi autrement immortelle se nourrira toujours des frasques de McLeod. Et je persiste à croire que le rêve adolescent qu’elle préserve demeurera à jamais un compagnon de route aussi inspirant que souhaitable.


À tout le moins l’incontournable trame sonore de Queen, elle, demeure.


Le plus ironique est qu’à la sortie de la nouvelle mouture de Masters of the Univers (Travis Knight, 2026) je réalise que Highlander n’est en fait que le repiquage du même concept marketing. Un coup de génie m’ayant épargné à cause de l’âge, puis rattrapé sous la gouverne de Mulcahy.


À ce point, coincé entre “I got the power!” et “There can be only one!”


Il y a lieu d'entretenir toute la nostalgie du monde.


MA QUOTE : 5 sur 10

ErickDaignault
5
Écrit par

Créée

il y a 5 jours

Critique lue 2 fois

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