Richard Linklater à cette saveur particulière à laquelle j’adhère toujours. Qu’il nous propose une immersion dans une époque via un récit autobiographique (Dazed and Confused, Apollo 10 ½, Dazed and Confused), un exposé sur les relations humaines (la trilogie Before, Boyhood), une expérimentation formelle (A Scanner Darkly), ou une rom-com dans un contexte inattendu comme c’est le cas ici, il amène toujours dans ses oeuvres une parcelle de sa philosophie de vie, de la vision qu’il a de l’homme. Et elle me plaît.
Hit Man met en effet son contexte particulièrement savoureux (un civil qui se crée des personnages de tueurs à gage afin d’aider la police à coincer de potentiels commanditaires) à profit pour dérouler une ligne morale qui n’est pas forcément la plus unanime. Car pour pouvoir vivre, il faut oser, être prêt à remettre sur la table l’identité que l’on s’est créé afin d’être le moteur des changements que l’on souhaite voir en soi, et éventuellement, se débarrasser de tout individu qui pourrait perturber l’équilibre trouvé. Tous ces principes sont abordés par les personnages secondaires, réjouissants, pour être mis en application par notre protagoniste Gary.
Un personnage incarné à la perfection par Glen Powell (quand je vous disais sur Twisters qu’il était en train de connaître une croissance fulgurante) qui se voit offrir l’opportunité, par tous les alias de Gary, de toucher à tous types de jeux. Il dévoile une palette aussi réussie qu’elle prête à sourire. Tout ceci au service d’un script qu’il a coécrit avec le réalisateur.
Linklater parvient, une fois de plus, à m’embarquer dans son univers aussi bienveillant qu’il est malin.