Alors son fiancé vient de partir pour son travail durant une semaine, une jeune femme se fait menacer par son patron de divulguer les malversations qu'il fait. Afin de ne rien dire, il lui demande de vivre une semaine avec lui dans son appartement.
Jusqu'au moment d'écrire cette critique, je ne savais pas l'existence de ce film, qui fut très douloureux pour Peter Sellers. En effet, il sentait que le personnage était si proche de ce qu'il était dans la vie qu'il a tenté de racheter le négatif afin de le détruire, et que la sortie de Hoffman l'a plongé dans une profonde dépression. Je ne connais pas très bien la vie privée de l'acteur, mais le personnage qui en est montré est quelqu'un de sinistre, vivant dans un appartement lugubre, et qu'on pourrait rapprocher au départ d'un pervers narcissique. Au départ seulement, car il révèle d'autres complexités qui peuvent le rendre plus intéressant, pas attachant non plus, qu'il n'en a l'air. Car en face se trouve la jeune Sinéad Cusack (plus connue aujourd'hui pour être l'épouse de Jeremy Irons) que je trouve elle aussi intéressante, car sa blondeur, son aspect virginal la montrent comme un oiseau en cage, où elle a constamment de peur de ce que Hoffman pourrait lui faire. Mais c'est plus complexe qu'une simple prise d'otage ou n'importe quelle torture à laquelle on aurait pu s'attendre, non.
A l'origine, Hoffman est un roman, qui a donné naissance à une pièce de théatre, et aussi à un téléfilm, déjà réalisé par Alvin Rakoff. Pour la version cinématographique, ce dernier a pu aérer un peu l'histoire avec quelques rares extérieurs, mais on est quand même dans un huit clos, qui va tourner peu à peu à l'affrontement psychologique où en quelque sorte, sans basculer dans l'horreur, la peur va changer de camp pour un final plutôt inattendu. On a peu de personnages, quatre en tout, en incluant le fiancé et la mère de la jeune femme, mais c'est avant tout Sinéad Cusack et Peter Sellers qui sont là, et qui font vivre ces personnages. Car le film est vraiment fort, assez inattendu sur la direction qu'il prend, et je peux comprendre la réaction de l'acteur en voyant le résultat à l'écran, bien qu'il ne semble pas être l'ordure montrée au départ.
Bien que le film semble désormais assez rare, il n'est d'ailleurs jamais sorti en France, Hoffman vaut clairement le coup pour découvrir une facette méconnue de Peter Sellers, loin de ses comédies où là, il semble presque à nu.