Etrange est le mot qui qualifie sans doute le mieux Hoffman. Preuve en est de sa scène d'introduction, où une belle et jeune fille blonde ment à son fiancé, lui faisant croire qu'elle part rendre visite à sa grand-mère alors qu'en réalité, elle va passer la semaine chez son patron. Le malaise s'installe lorsqu'elle arrive terrifiée chez celui-ci et qu'il se met à lui dicter des ordres qu'elle exécute à contre-coeur. On sent très vite qu'il exerce une forme de chantage sur elle dont on n'en découvrira la nature qu'au fur et à mesure de l'intrigue.
Cependant, malgré ce que l'introduction peut nous laisser penser, ce film n'est aucunement un thriller ou autre polar. En effet, il ne s'articule pas autour de péripéties mais plutôt autour d'une confrontation verbale entre les personnages, permettant d'approfondir leur développement psychologique. Cette approche est sans aucun doute due au fait que Hoffman est à la base l'adaptation d'une pièce de théâtre.
La réussite du film repose donc beaucoup sur ses acteurs, évoluant la plupart du temps en huis-clos dans l'appartement. D'un côté, le personnage de Hoffman (Peter Sellers), célibataire endurci vouant une haine féroce pour les femmes . De l'autre, la jeune fille (Sinead Cusack), pas encore totalement femme et qui a encore tout à découvrir du monde.
Entre les deux va s'installer une relation bizarre qui nous est révélée dans un petit écrin d'écriture. Un très beau film à découvrir!