J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce film,
pourtant j'aime le cinéma et j'aime Hokusai.
Il est vrai que la première demi heure est très décousue –
j'ai appris que la version originale a été coupée de trente-neuf minutes,
ceci explique peut être cela.
Dès le début nous sommes dans un Japon
et un monde totalement stylisés.
Rien ne dépasse,
chaque plan est aussi parfait et léché qu'une estampe japonaise.
Puis, grâce à certaines scènes éblouissantes de virtuosité
(je pense à cette scène dans une rue quand se lève un très fort vent,
et que Hokusaï croque rapidement les attitudes des passants...),
ou d'une surprenante beauté
(une splendide scène de lecture pour une vingtaine d'hommes assis auprès de chandeliers),
le film devient une ode à la création artistique.
Ainsi la fameuse vague,
qu'Hokusaï commence à dessiner encore jeune,
et qu'il reprendra pour la fixer sous toutes les formes que nous connaissons,
alors qu'il est très âgé.
C'est aussi un hymne à l'art-idée fixe et unique
que l'artiste ne renie pas quitte à en mourir.