Sorti il y a deux ans, j’en entends régulièrement parler depuis. Il était donc temps que je regarde ce film qui confirme le statut de star de la pop culture de Frida Kahlo.
Le film retrace l’enfance de Frida Kahlo, jeune fille sensible et joueuse à la santé fragile mais à la famille aimante. Les différentes épreuves vont lui apprendre à se battre pour chercher en elle les ressources dont sa vie a besoin.
Première surprise, c’est un projet à destination des enfants. La chanson du générique ne laisse aucun doute là-dessus tant elle est tarte. J’avoue que le départ n’est pas très engageant. Abus d’une couleur locale bon marché, des dialogues niais et des enjeux faibles. Non, c’est quand Frida rencontre son alter égo de l’autre monde que le récit prend sa force. Cet autre monde, c’est celui de la mort, de la fièvre, de la fantaisie macabre. C’est le monde qu’on verra plus tard dans l’œuvre de l’artiste. On aimera aussi l’évolution du personnage vers une affirmation de sa singularité et son rejet instinctif des conventions sociales. Tout ça est une merveilleuse manière d’aborder tous ces sujets dans un film pour môme. Saisiront-ils toutes les subtilités ? Non, certainement pas et ce n’est pas grave car ils auront plein de questions et les questions sont souvent plus importantes que les réponses. D’autre part, c’est ce qui permet au film de s’adresser à l’adulte qui a déjà vécu des choses et qui saura peut-être faire le lien avec l’œuvre de Kahlo. Au rayon du design graphique, c’est une réussite. Le dessin est très singulier, simple et naïf, riche en couleurs, très bien éclairé de surcroît.
Donc ? C’est finalement une bonne surprise ! Il faut se laisser porter par la poésie de l’ensemble et laisser de côté les enfantillages grossiers.
>>> La scène qu’on retiendra ? La fête des morts pendant laquelle Frida s’adresse à Frida malade. Belle leçon de résilience.