Les films de prison évoquent spontanément le tear-jerker pour garçons. Ce n'est pas un mâle. Les mecs aussi ont le droit d'aimer l'eau. Ces drames n'ont pas le monopole des larmes. Mais sans doute désireuse de renverser les codes, Cha Jeong-yoon s'empare du genre et opère une transition. Ce sera donc l'histoire sévère d'une gardienne de prison divorcée, d'une détenue de longue durée, de sa fille qu'elle a laissée, et de toutes les autres femmes aux crédits qui achèvent de conjuguer le film au féminin. Les rares apparitions masculines font de la figu. Le test de Bechdel est validé. La "Maison derrière les barreaux" du titre international désigne la "Maison des rencontres" (titre original) équivalent coréen des maisons d'accueil des familles dans un centre pénitentiaire français. Une modalité du parloir pour le maintien des liens familiaux, mais dont l'accès est autrement plus restreint, voir prohibé aux incarcérées pour les crimes les plus graves. Seulement voilà, en Corée ça rigole pas. Car le mélo peut également témoigner d'une empathie discrètement énervée. Face au hiératisme ambiant, Cha Jeong-yoon proteste en filmant. Participante du SIWFF en 2016 (entre autre) son premier court déjà contribuait à la réalisation au féminin "face aux films centrés sur les hommes que l'on voit partout". La "Maison derrière les barreaux" est également l'occasion d'un retour en salles de comédiennes pourtant éprouvées, mais qu'on voit que dans les autres formats (dramas, yéneung, CF, etc). Second film cette année pour Song Jihyo, après une absence de 5 ans. Plus rien à voir avec la MC rigolote de Running Man et l'auto-promotrice de sa marque de vêtement. Son ambivalence, tout en retenue, appelle d'autres rôles dramatiques. Quant à Ok Gowoon (Jiyeong avant 2015) l'éclipse aura été encore plus longue. Mais son nouvel emploi (et son nom paronyme) résonne comme un hommage émouvant à son rôle de jeunesse dans Take Care of my Cat, lui-même devenu pour le cinéma, un film de matrimoine.