cDeuxième volet de La trilogie Cornetto – dont le premier, Shaun of the Dead, parodiait les films de zombies – celui-ci se lance dans le genre super-flic, courses-poursuite, et rafales à tout va. En tout cas, cela démarre comme ça : Nicholas Angel, un super-flic raide comme the Law, qui énerve tellement ses collègues et supérieurs à Londres, qu'il se fait muter à Sandford, un village modèle du Gloucestershire, niveau de crime zéro. Et naturellement, il va y faire du zèle.
Cela pourrait donner un Les Ripoux anglais campagnard, avec le glissement progressif du super flic vers la corruption buccolique. Mais non, parce que bon, Wright et Pegg, il leur faut du sang, des têtes coupées, des morts par explosion, cisaille, et crypte de l'épouvante. Et c'est très bien, car dès que le tueur, drapé comme Belphégor, commence à sévir, le rythme, qui démarre plus lentement que dans le premier, où on se met tout de suite dans la sauce, devient plus drôle et plus acide (aaah… enfin une bonne décapitation, ouais !). Et là, le super flic emmerdeur s'obstine à traquer un tueur en série au sein d'une équipe ricanante et sceptique.
On retrouve avec plaisir la même équipe : Simon Pegg, qui ressemble tellement à un bobbie que le voir ferrailler comme dans Bad Boys II est hilarant, Nick Frost en Danny Butterman, dont la geekitude se déplace du jeu vidéo aux films d'action, plus quelques acteurs que l'on retrouve, plus ou moins brièvement, dans des rôles plus ou moins secondaires, comme Bill Nighy, qui, de beau-père casse-pied, devient chef-inspecteur tyrannique, Olivia Colman, en policière nettement plus décontractée que dans Broadchurch… et même Cate Blanchett fait son apparition, dans une tenue qui la rend si méconnaissable, que même le sergent Angel ne reconnaît pas son ex, plus une foultitude d'acteurs dont aucun ne tire la couverture à soi (sauf le cygne) et qui semblent s'amuser entre eux comme une troupe de théâtre qui se connaît par cœur.
Alors naturellement, comme c'est le deuxième de la trilogie, on compare, forcément. Si, à mon sens, Shaun of the Dead est meilleur, cela peut tenir à la préférence que l'on a pour un genre ou un autre. Les fans de Bad Boys et de Die Hard auront peut-être un tout autre avis. Et de toute façon, c'est un bon film hilarant, et qui donne envie de le revoir, une fois qu'on sait les dessous de la trame du complot, pour savourer tous les indices et les scènes innocentes-pas-tant-que-ça que nous regardions avec la naïveté de Danny, sans écouter les avertissements d'Angel : "There is always something going on."