Le titre du film annonce déjà la couleur et l'ambition (exagérée?) du metteur en scène.
On suit des personnages qui ne sont jamais en phase avec les évènements.
Le film pourrait se résumer par l'expression populaire, «avant l'heure, c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure ».
Dewaere, Deneuve, Chicot, Haudepin... tous sont dans une forme de solitude ou de manque et compréhension tardive qu'ils ont laissé passé leur chance. Le problème est que Téchiné décrit chaque personnage avec cette même caractéristique et va en abuser pendant 1h30 ce qui saborde le film et le spectateur s'ennuie vite.
Tel personnage regrette qu'un autre soit parti sans lui dire au revoir. Un autre rêve de partir tenter sa chance à l'étranger sans jamais sauter le pas. Un autre se prend une veste par une femme qui aime les femmes. Une barmaid qui est triste d'avoir encore joué et perdu au casino… Bref toujours sur ce même modèle. Il manque sans doute un contrepoint à l'ensemble.
A force de décrire des personnages à la dérive, le film devient comme eux et se retrouve dans l'impasse.
On se demande quel est le vrai propos du réalisateur car ni la mise en scène, ni le scénario ne permettent au film de se démarquer. Sans ses acteurs, Hôtel des Amériques n'aurait sûrement pas eu grand intérêt.
Mention spéciale tout de même pour la scène d'anthologie finale avec Dewaere attendant son train seul dans la nuit et qui reste, pour moi, un moment d'une intensité rare dans tout le cinéma français.