L’on reprochera à Steve Miner, comme souvent dans son cinéma, un manque de rigueur qui donne l’impression de suivre plusieurs films différents que le montage peine à raccorder les uns aux autres ; en résulte une hétérogénéité qui peut de prime abord déconcerter voire agacer, le long métrage sautant de la piscine à la jungle vietnamienne sans transition aucune.
Mais cet aspect hétéroclite constitue paradoxalement force et intérêt de House qui investit l’espace de la maison comme un kaléidoscope de projections mentales : chaque fenêtre est ouverte sur un ailleurs qui offre au personnage principal une occasion d’explorer ses traumatismes, trouvant dans la maison une métaphore de l’écriture comme sortie de soi et mise à distance de l’indicible. D’autant que le film a l’intelligence de montrer davantage que de dire, ce qui donne lieu à de beaux petits moments de cinéma malheureusement égrainés dans un récit confus et parfois proche du ridicule. Steve Miner affirme déjà son goût pour la parodie du genre investi, parodie doublée d’un esprit grand-guignolesque avec usage de gore, costumes et autres effets visuels efficaces parce qu’insérés dans un chronotope relevant du fantasme.
Néanmoins, House souffre de la comparaison d’une de ses références probables, le bien-nommé Phantasm réalisé par Don Coscarelli et sorti en 1979, qui avait lui aussi l’idée d’investir un lieu – le funérarium – pour en faire la porte de connexion entre deux réalités, diurne et nocturne, et qui la mettait en scène avec une inventivité et une audace formelle plus poussée. Reste une curiosité originale et par instants rigolote.